Le guide des anime de l'été 2022
Shine On! Bakumatsu Boys

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Comment cotez vous l'épisode 1 de
Shine on! Bakumatsu Bad Boys ?
Note de la communauté : 3.4



Qu'est-ce que c'est ?

À l'époque où les samouraïs contrôlaient le Japon, les Démons Masqués ont anéanti tous les membres du Shinsengumi, à l'exception d'un seul qui s'était efforcé de maintenir la paix et l'ordre public à Kyoto. Sept criminels sont choisis pour remplacer les défunts membres du Shinsengumi, dirigés par Ichibanboshi dont les parents ont également été tués par les Démons Masqués. Rétablir la paix et l'ordre repose désormais sur cette bande peu recommandable.

Shine On! Bakumatsu Boys est diffusé sur Crunchyroll le samedi à 11 h 30.


Comment était le premier épisode ?

Guillaume Lasvigne
Note :

Dans la foulée de la fin du sakoku et avant le début de l'ère Meiji, le Shinsengumi était un groupe de samouraïs chargés de préserver la paix dans Kyoto, la capitale japonaise de l'époque. Comme son nom l'indique, Shine on! Bakumatsu Bad Boys! prend place dans cette période transitoire de l'histoire de l'archipel, à ceci près que les membres originels – dont les noms sont repris dans l'anime – sont morts et sont remplacés par des criminels aux cheveux multicolores ayant échappé de peu à leur exécution. Ah, et leurs katanas évoquent des sabres lasers bien connus. Oui.

Qu'à cela ne tienne, les quelques surprises purement esthétiques de ce premier épisode ne détonnent pas au sein d'une direction artistique plutôt chiadée. Avec cette texture de papier désormais bien connue et placée au premier plan de l'image, Shine On! évoque occasionnellement l'ukiyo-e dans sa représentation des environnements, voire dans une palette de couleurs séduisante dès lors qu'elle ne concerne pas les personnages et leurs attributs. Les arrière-plans sont souvent sublimes, bien qu'inanimés lorsque des passants les arpentent. On se consolera avec un character-design racé, que les fans de Shaman King attribueront très vite, et à juste titre, à son auteur Hiroyuki Takei. Masafumi Yokota, animateur-clé sur de nombreuses productions Ghibli, les adapte pour l'animation en collaboration avec la directrice de la photographie Nozomi Shitara, adepte de contours tantôt épais, tantôt plus fragiles évoquant la période bénie des cellulos.

Shine on! a donc certains atouts pour donner envie de la poursuivre quelques épisodes de plus, à plus forte raison que sa mise en scène référentielle s'octroie le loisir de caractériser certains personnages au-delà de ses principaux effets de style ringards (mais si, vous savez, ces scènes où les personnages prennent une pose absurde tandis que leur nom apparaît à l'écran). On pense surtout aux premières secondes de la série, où les split-screens et la manière de cadrer le protagoniste vont l'iconiser, puis servir de contrepoint à la finalité de la scène, dans laquelle celui-ci finit littéralement dans la merde. Ichibanboshi est ainsi caractérisé comme quelqu'un qui s'imagine être ce qu'il n'est pas (à savoir un tueur de samouraïs). Sachant que la fin de l'épisode le voit s'attribuer le nom de Kondô Isami, ancien membre de Shinsengumi dont il est le substitut, il y a peut-être une quête d'identité qui se trame au sein d'une intrigue classique de vengeance et de seconds rôles plus ou moins excentriques.

Bien sûr, Shine On! a la bonne idée de tous les traiter à part plus ou moins égale. Mais en l'état, le peu d'intérêt qu'ils représentent ne dépasse pas le trait de caractère unique (le glouton, la femme dans un collectif d'hommes) ou la spécialité déviante (le docteur fan d'autopsies). Il faudra attendre plus que cette exposition, néanmoins efficace, pour se prononcer sur les réelles qualités narratives de l'anime.


EmmaNouba
Note :

Deux ans après l'excellent Pet, Geno Studio et son entité de production Twin Engine récidivent avec un nouvel ovni d'excellente qualité : Shine on! Bakumatsu Bad Boys. C'est toujours casse-gueule de faire de l'historique et de la mâtiner de contemporain, mais dans ce premier épisode, cela passe bien. On plonge donc dans une version quelque peu décalée du Japon de la fin du XIXe siècle, entre 1864 et 1869, période pendant laquelle un groupe de samouraïs du Shinsengumi assurait la sécurité de la ville de Kyoto. Le Shinsengumi était connu pour être extrêmement discipliné et posséder un code d'honneur infaillible. Il se composait alors de dix groupes, le tout dirigé par Isami Kondo.

Quand débute le premier épisode, le ton est donné. L'image est soignée avec des teintes proches de celles des estampes, un peu passées comme pâlies par le temps. Ce parti pris est très agréable à l'œil et colle parfaitement avec une ambiance à la Ozu, mâtinée d'une touche western à la sauce asiatique. On sent la poussière et l'air est pesant.
Trois brigands s'en prennent à un vieil homme et sa fille. Arrive alors un homme. Il cherche des malfrats qui portent des masques proches de ceux du théâtre kabuki. Les brigands ont tué sa famille et il a soif de vengeance. Son nom : Ichibanboshi, qui se dit « le tueur de samouraïs ». A trois contre un, il ne fait pas le poids et se retrouve enfermé. Son sort semble réglé : la mort.
C'est sans compter l'intervention de Heisuke Tôdô, le huitième commandant du Shinsengumi qui a sorti de prison une poignée de condamnés à mort. Cet homme a existé et a en effet été balafré suite à un incendie, mais nous sommes dans une œuvre de fiction et le scénario joue un peu avec les dates, Isami Kondo étant assassiné bien plus tard en 1898. Tôdô leur explique que lors du coup d'État du 18 août (1864), les dix capitaines du Shinsengumi sont morts. Il les a choisis afin qu'ils deviennent officiellement leurs substituts. Les malfrats vont officiellement mourir et renaître en tant qu'officiers de l'organisation. Ils n'ont pas trop le choix s'ils ne veulent pas passer de vie à trépas.
A cette trame pseudo historique s'ajoutent quelques pincées de magie, les sabres des samouraïs pouvant avec la volonté de leur possesseur se transformer en véritables sabres laser ! En outre, la couleur de leur faisceau aura sans doute à voir avec les touches de couleur de leurs chevelures (bleu, rose, rouge, etc.). Si la majorité capitule et accepte le deal, notre petit freluquet à la langue bien pendue se rebelle ! C'est dommage quand on sait qu'il est destiné à « incarner » Isami Kondo !

Outre le graphisme singulier et les couleurs marquées, le chara-design, signé par Masafumi Yokota, un ex des studios Ghibli qui a aussi travaillé avec Mamoru Hosoda (notamment sur Mirai), s'appuie sur des personnages créés par Hiroyuki Takei, le créateur du cultissime Shaman King, excusez du peu !

Ce premier épisode est très prometteur et même si parfois on peut craindre les clichés, l'idée de suivre cette bande de bras cassés composée de voleurs, brigands à trois yen ou de tueurs de grand chemin est assez enthousiasmante.


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