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Bushiroad et NIJISANJI décident de se dresser face au cyberharcèlement

posté à par Kim Morrissy
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Les agence de talents au Japon réagissent progressivement au cyberharcèlement, qu'elles commencent à prendre très au sérieux. Deux sociétés notamment se démarquent un peu des autres en prenant de véritables mesures : Bushiroad, qui gère l'agence de comédiens de doublage Hibiki ; et Ichikara Inc., qui dirige l'agence de YouTubeurs Virtuels NIJISANJI.

Depuis mai, l'agence Hibiki a mis en place différentes mesures visant à sanctionner les commentaires diffamatoires postés sur internet à propos de ses talents. Tout a démarré lorsque quelqu'un a déclaré que l'une des comédiennes de doublage avait été engagée suite à des services sexuels. La société a déposé une plainte pénale le 6 juillet auprès du parquet du district de Tokyo. Mardi, Ichikara Inc. a annoncé la mise en place d'une « Equipe contre les actes agressifs et diffamatoires », qui sera chargée de soutenir et conseiller les victimes de harcèlement ainsi que de répondre, légalement, à ces attaques.

D'après Tomonori Inoue, avocate à la tête du département juridique de Bushiroad, c'est le décès de Hana Kimura – lutteuse professionnelle et célébrité télévisée – en mai dernier qui a violemment secoué toute l'industrie du divertissement. « A cause de ce qui est arrivé à Mlle Kimura, il y a eu une forte prise de conscience de la nécessité de protéger nos talents plus que nous le faisions auparavant », a-t-elle ainsi expliqué au site d'informations Bengo4.com. Kimura a été victime de cyberharcèlement de manière quotidienne, et, peu de temps avant sa mort, elle avait publié une série de tweets livrant sa volonté de s'ôter la vie en réaction aux commentaires dont elle était la cible.

Malheureusement, réagir à cette menace virtuelle n'est pas mince affaire et entraîne son lot de complications. Il est d'abord difficile, sur la toile, de différencier une simple critique d'une attaque personnelle/d'un diffamation ; d'où la difficulté d'obtenir une réaction appropriée de la police quant au cyber harcèlement. Inoue a admis que les actions prises avec son équipe pour l'instant n'avaient pas réussi à totalement interrompre le comportement des harceleurs. Tout ceci repose sur le caractère virtuel – Bushiroad n'a pas réussi à obtenir l'aide de la police pour ces cas en ligne ; mais a cependant travaillé de manière efficace avec les autorités par le passé dans le cas de menaces de mort et de stalking grâce aux preuves matérielles qui ont pu être collectées par l'équipe d'Inoue.

L'un des problèmes, d'après elle, se cristallise dans l'anonymat de l'harceleur. « Même si le harcèlement en ligne est qualifié de crime, il ne sera pas considéré comme tel. Beaucoup d'individus ne comprennent pas qu'il s'agit d'un crime car personne n'est réellement arrêté sous ce motif. »

Le 14 mai, l'agence Hibiki a annoncé qu'elle demanderait la suspension des comptes partageant des rumeurs sur les artistes – décision prise avec son équipe juridique et la police. D'après Inoue, cette décision a engendré la suspension de 90 % des comptes problématiques, mais les 10 % restants continuent de diffamer. Le 11 juin, l'agence a annoncé qu'elle allait prendre des mesures légales plus fermes, et une plainte a été déposée le 6 juillet au Bureau du procureur du district de Tokyo. Pour l'instant toutefois cette action n'a rien donné.

Bushiroad travaille actuellement avec un certain nombre de membres de la Diète afin de mettre en place un système efficace contre les cyberharceleurs.

« L'équipe contre les actes agressifs et diffamatoires » d'Ichikara propose une réponse en trois étapes au cyberharcèlement : un formulaire accessible aux fans qui leur permet de dénoncer les comportements problématiques dont ils été témoins ; renforcer la sécurité et les conseils prodigués à ses talents ; et prendre des mesures légales – comme la demande de suspension de comptes – à l'encontre de tous ceux perpétrant des actes diffamatoires et/ou agressifs. D'après Ichikara Inc., « Nous ne pouvons pas fermer les yeux face à ces actes agressifs ou diffamatoires qui empêchent nos talents d'exercer leurs activités sereinement. »

Ces mesures semblent venir à point puisque, récemment, plusieurs artistes ont annoncé se retirer – temporairement ou définitivement – de l'industrie en réponse à des attaques virtuelles, comme notamment la VTubeuse indépendante Kusunoki Sio ou encore Mano Aloe – de l'agence hololive.

Sources : Bengo4.com, PR Times


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