Le guide des anime du printemps 2020
Listeners

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Listeners ?
Note de la communauté : 3.2



Qu'est-ce que c'est ?

AVIS Dans ce monde, les humains vivent sous la menace d'une forme de vie mystérieuse appelée les « Sans-oreilles ». Les seuls capables de s'opposer à eux sont les « Players », pouvant contrôler et brancher les robots de combat « Equipment ». Dans le bidonville de Riverchester vit paisiblement un jeune garçon nommé Echo. Depuis qu'il a été témoin du combat du légendaire Player Jimi lors de la grande bataille « Fes » entre les Players et les Sans-oreilles il y a 10 ans, il lui voue secrètement une grande admiration. Mais un jour, alors qu'il minait péniblement dans une montagne de déchets comme à son habitude, il fait la rencontre d'une jeune fille amnésique, µ, dotée d'une prise jack dans le bas du dos et qui s'avère être également une Player. Ils décident alors sans plus tarder de partir à la découverte de ses origines et de l'énigmatique Jimi, acteur principal de la Fes !

Listeners est diffusé sur Wakanim tous les vendredis à 20 h 10.


Comment était le premier épisode ?

Pa Ming Chiu
Note :

Dans un futur post-apocalyptique, la musique n'existe plus. De mystérieuses créatures nommées Sans-Oreilles (oulala le symbolisme des noms) terrorisent les survivants humains, qui n'ont pour se défendre que les Players (oulala le symbolisme des noms encore), des personnes équipées de prises jack pouvant les relier à des robots de combat, les Equipment.
Echo (oulala le symbolisme des noms à nouveau), un jeune homme vivant dans un bidonville fait un jour la découverte de µ - à prononcer Mu - (oulala le symbolisme nonsensique pour faire plus mystique), une Player amnésique, abandonnée inconsciente dans une décharge.
Comme le hasard fait rudement bien les choses, la passion d'Echo est justement de bricoler des Equipments.

Le point de départ est assez classique et rappelle particulièrement Gunnm, avec le cadre du bidonville, mais surtout de la jeune fille amnésique dotée de pouvoirs surpuissants, retrouvée dans une décharge par le seul type du coin qui peut lui permettre de révéler son potentiel. On pense aussi à Neon Genesis Evangelion ou
Darling in the FranXX (et bien d'autres encore) pour les créatures géantes hostiles inexpliquées dans un contexte de fin du monde.
Plus regrettable encore : alors que c'était particulièrement intrigant sur le papier, le symbolisme autour de la musique est plus lourdingue qu'autre chose car totalement premier degré mais pas entièrement assumé ni rentabilisé. Oui, ok, c'est rigolo de voir un ampli se transformer en robot géant une fois connecté au joueur, mais dans les faits, l'Equipment est juste un banal robot de combat qui met des grosses baffes. Alors qu'avec une telle base, on aurait pu s'attendre à une orientation Minmey pour µ ou à des délires formels et un ton bien punk façon FLCL et Gurren Lagann. Mais non, rien d'aussi inspiré et barjo ici.
Et c'est finalement le principal reproche qu'on peut faire à ce premier épisode : tout est bien trop sage. Jusqu'au héros, particulièrement anti-charismatique, qu'on a juste envie de secouer (contre un mur). Reste néanmoins à voir comment les personnages, leurs relations et l'univers vont évoluer par la suite. On n'est pas à l'abri de bonnes surprises et on croise notamment les doigts pour que les analogies musicales ne soient pas (trop) gratuites en fin de compte.

Côté technique, c'est en tout cas irréprochable. Le style du character design, assez réaliste et aux traits tout en rondeurs, est agréable, la direction photo pose bien les ambiance et l'animation est vraiment soignée.
On ressort donc mitigé de ce premier épisode. L'écriture peine à convaincre pour l'instant (malgré le fait qu'elle soit signée par le scénariste Dai Sato qui est loin d'être un débutant, le monsieur ayant officié sur Cowboy Bebop, Wolf's Rain, Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, Samurai Champloo, etc.) mais la réalisation de haut vol séduit et l'ensemble ne manque quand même pas de potentiel.
On attend donc d'en voir plus pour jauger de l'intérêt global du concept.


Damien Hilaire
Note :

De toutes les productions de la saison, Listeners était peut-être l'une des plus ambitieuses. D'un côté nous avions le studio MAPPA à la production de cette série 100% originale, et de l'autre, Dai Sato, le scénariste d'Eureka Seven à l'écriture. À la réalisation on retrouve Hiroaki Ando, connu pour avoir tenu l'adaptation d'Ajin aux côtés de Hiroyuki Seshita. Avec des designs de pomodorosa, bientôt au même poste sur l'anime original de Tachikawa cet été, Deca-Dence (sur lequel on retrouvera Hiroshi Seko, scénariste sur Ajin #lemondeestpetit). Du coup la série partait sur de bons rails et avait tout pour plaire, y a même des mecha, ce qu'on est loin de détester ici. Alors pourquoi diable est-ce si fade ?

Il y avait tout ce qui fallait pour que ce soit bon, mais l'épisode 1 peine à convaincre. Pourtant ça démarrait bien, on avait à un ersatz de Gunnm avec un héros qui trouve une nana amnésique dans une pile d'ordures et qui a voulu lui montrer sa grosse passion pour les Listeners, des gens qui combattent des monstres appelés les Sans-oreilles à l'aide de robots sur lesquels ils se branchent comme s'ils étaient des instruments de musique.

Le chara-design est superbe, l'animation propre, les décors manquent encore d'impact mais techniquement, à l'image, ça fonctionne. Le mecha design est pas folichon mais tant pis c'est pas la première fois. Non le problème c'est bien le rythme et l'écriture lourdingue qui ne permettent pas d'apprécier pleinement l'univers qui s'annonce. On ne comprend pas vraiment les enjeux ni le monde dans lequel évoluent les héros. Ça manque de clarté et la comparaison avec Gunnm et Eureka Seven n'aide pas à passer outre. Le héros est insupportable, ce qui là aussi n'aide pas à tenir. On peut toutefois reconnaître que Listeners tente des choses. À l'image d'Eureka Seven, le casting est coloré, une particularité qu'on ne retrouve que dans Appare-Ranman cette saison (du moins dans ce qui nous chroniquons).
La musique jouera un rôle d'importance, c'est une évidence, mais sur le premier épisode, on peine à trouver un titre qui se démarque. Pourtant, le concept original n'est pas le seul fait de Dai Sato. La parenté est partagée avec JIN, un musicien connu pour avoir créé Kagerou Project, un univers musical vocaloid adapté en anime par le studio Shaft il y a quelques années sous le nom Mekaku City Actors dont il était le scénariste en qualité de créateur original mais aussi sur l'adaptation. Il y a même un troisième homme en la personne de Taichi Hashimoto, producteur d'ordinaire, mais qui s'est mis à écrire des scénarios depuis peu puisqu'il était derrière Revisions (pas seul quand même donc début timide). Mais même ce concept écrit à six mains rend un épisode un bancal et obscur !
Ne tuons pas tout de suite la série pour autant, ce n'est que le premier épisode, et il est probable au vu de comment il se termine, que le second aidera à y voir un peu plus clair. Mais s'il fallait uniquement juger sur le premier, ça aurait pu être clairement mieux, une déception par rapport aux attentes suscitée. C'est dommage mais gardons espoir !


Bruno de la Cruz
Note :

Nous étions vraiment proche d'un lancement quasi parfait. Le projet Listerners est une série que j'attendais particulièrement car elle réunit plusieurs talents que j'apprécie et qui ont montré de belles choses au sein de l'industrie. Si Listerners ressemble à un fruit original mêlant plusieurs sociétés, la paternité est distribuée au musicien Jin et à un scénariste bien connu du milieu, Dai Sato.

Pour l'instant on ne peut pas encore connaître les coulisses de la production d'un tel projet, mais je craignais que les noms clinquants ne soient qu'une facade, un prête-nom. L'ouverture montre l'inverse, avec un vrai travail artistique. Je pense tout d'abord au chara design de Pomodorosa (@pomodorosa sur Twitter), illustrateur un peu mystère qui a un talent fou. Ses designs mélangent style urbain et mode hyper moderne. On pourrait voir ces personnages dans Space Dandy (avec Sato, déjà) ou encore Eureka Seven. Il livre quelque chose d'assez épuré, donc ca soulagera le staff, mais sans perdre en impact visuel. Vraiment une très bonne idée de faire appel à un tel talent.

Le studio MAPPA a ensuite confié la réalisation à Hiroki Ando, un nom qui divise un peu. Si le réalisateur connaît bien Dai Sato pour avoir travaillé avec lui sur Norageki (c'est sûrement lui qui a dû souffler son nom), on ne garde pas un grand souvenir de son Ajin, il demeure quelqu'un de talentueux, qui choisit souvent ses projets. Il est aussi une personne attirée par l'utilisation de la CG, et c'est justement le point faible de Listeners. Le principe de la série repose sur la musique (on attend donc un montage de qualité) et son mariage avec un mecha. Malheureusement, si tout le background crasseux, les personnages et l'enrobage artistique sentent bon, le design du mecha - signé Terao Hiroyuki - est une horreur. Son intégration 3D est plutôt réussie, mais le mecha ne dégage rien si ce n'est quelque chose de ridicule, un peu gentil, avec ses trompettes dans les coudes.
Ça balaie un peu toutes les bonnes intentions vues jusqu'alors. Déjà que le héros est un peu pâlot - mais bien dans le ton du récit -, on espérait voir quelque chose de plus séduisant étant donné que le mecha sera un pion central du show.

Pour terminer sur les noms ayant attisé ma curiosité, on va citer l'animateur Kamata Shinpei, l'un des talents réguliers de Banana Fish. Bien que la 3D va le soulager sur plusieurs épisodes, il reste un directeur d'animation expérimenté, passé sur des séries que j'apprécie (Shingeki no Bahamut, Le Chevalier d'Eon...). Je crois que ca mérite d'être suivi.

En somme, l'anime dégage très vite de bonnes idées, un style visuel accrocheur, une animation de qualité. Mais l'une de ces poutres essentielles contrebalance malheureusement cet emballement. Est-ce que son concept sera assez bien exploité pour oublier cet écueil ? À voir. MAPPA est connu pour ses bons démarrages, et on ne sait pas encore si le show tiendra sur la durée, d'autant que Yasuke, le film YOI et deux autres séries sont sur le feu.


EmmaNouba
Note :

Indéniablement Listeners est la plus jolie série de la saison, en termes de graphisme c'est juste à tomber. Dès la scène d'ouverture dans la décharge publique, tout est parfait, les personnages, l'ambiance. Le chara design original est signé pomodorosa, et ce qu'en a fait Shinpei Kamada (Le conte de la Princesse Kaguya) est sublime, on dirait presque du Moebius, c'est extrêmement agréable et fin. Une merveille. Une fois passée cette découverte, on ne peut que penser à moult anime, comme Gunnm et même Astro. Malgré tout, il faut donner une chance à cette production originale réalisée par Hiro Ando (Gambo, Ajin) et scénarisée par l'immense Dai Sato (Eureka Seven, Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, Samurai Champloo, Wolf's Rain), en trio avec l'artiste aux multiples facettes Jin (musicien, mangaka, animateur) et Taichi Hashimoto (revisions), bref que du beau monde ! Côté mecha, c'est Hiroyuki Terao (Mobile Suit Gundam) qui s'y colle. On ne peut pas reprocher à la production MAPPA d'avoir lésiner sur la qualité.

Le jeune Echo Rec travaille dans la décharge sous l'immense statue en forme de clé musicale (vaguement), quand il découvre en se cassant la binette, Myu, une fille avec une prise jack dans le dos. La jeune femme est amnésique, mais il affirme qu'elle est une sorte de super guerrière, une Player. Si le héros a autant de charisme qu'une huître et que son enthousiasme est tout juste exaspérant, un peu d'ailleurs comme Yugo (toujours Gunnm), la fille est pleine de vie et bien attachante. Bon le petit gars est un vrai geek qui ne rêve qu'à une chose comme tout fan : les gros robots, les Equipments qui combattent les Sans-Oreille. Il a même un catalogue avec tous les modèles en vogue.
Par contre c'est un vrai flippé. Face au méchant de service, le maire, Echo ne fait pas de vague. Il faut dire que les Players sont détestés, même si on ne comprend pas encore bien pourquoi… En tout cas, il a construit un Equipment, qui au début ne paie pas de mine vu que c'est un ampli Vox (on reste dans le vocable musical). Mais il est totalement à la ramasse en fait, comme dit Muy, il est nul. Et pourtant, il ne va pas avoir le choix et devra assurer car les Sans-Oreille attaquent. Le graphisme de ces monstres est vraiment très intéressant et le mecha de Myu n'est pas non plus dénué d'un certain panache, elle attaque sur un son de gros rock bien fort.
On pressent d'après l'ending que les Players sont liés non seulement à des Equipments mais aussi que la série va décliner tous les genres musicaux, du jazz à la techno et l'idée est excellente, car dans ce monde, ils sont les seuls à générer de la musique.

Ce premier épisode de Listeners est plein de bonnes choses et l'on se rêve à espérer que la suite sera un peu plus riche au niveau du scénario. En tout cas, c'est déjà un plaisir pour les yeux, espérons qu'il le sera aussi pour les oreilles, ce serait un pari gagné. Wait and listen!!


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