Le guide des anime de l'été 2021
Sonny Boy
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Sonny Boy ?
Note de la communauté : 4.2
Qu'est-ce que c'est ?
Tout débute le 16 août, alors que la première moitié de l'été est déjà passée. Nagara et ses camarades de 3e qui étaient présents au collège se retrouvent dans une situation totalement invraisemblable. Nagara, la mystérieuse nouvelle élève Nozomi, Mizuho, Asakaze, leurs 32 autres camarades et leur collège ont été transportés dans une autre dimension. En plus de leur dérive, certains d'entre eux obtiennent des pouvoirs surnaturels. Tandis que certains usent et abusent de ces pouvoirs dépassant l'entendement, d'autres tentent de se poser en meneurs du groupe, et d'autres encore cherchent désespérément un moyen de rentrer à la maison. La méfiance, la jalousie et les antagonismes se retrouvent exacerbés par la situation. Ces garçons et ces filles tentent de survivre à leur nouveau quotidien où se succèdent les phénomènes inexpliquables. Nagara et ses camarades de classe parviendront-ils à conquérir ce monde mystérieux et à rentrer chez eux sains et saufs ?
Sonny Boy est diffusé sur Wakanim le jeudi à 18 h 30.
Comment était le premier épisode ?
Damien Hilaire
Note :
C'était la série la plus attendue de cet été avec un staff cinq étoiles qui faisait briller les yeux de tous les aficionados d'animation japonaise. Et pour cause, c'est une production originale par le studio Madhouse. Même si le studio a perdu de sa superbe depuis le départ de Maruyama, il a réussi petit à petit à remonter la pente et l'annonce est alléchante avec, à la réalisation, Shingo Natsume, aka la poule aux œufs d'or du studio, responsable de One Punch-Man mais aussi d'ACCA-13 et Boogiepop & Others. Il semblerait d'ailleurs que ça soit aussi lui qui a écrit la série, il en est le créateur original et il s'occupe du script et du story-board sur ce premier épisode. Ça fait beaucoup de choses à gérer en même temps. Le chara-designer de Sonny Boy n'est autre qu'Hisashi Eguchi, grand mangaka et artiste de talent dont l'implication permet quelques clin d'œil dans la série. Avec un tel duo les attentes sont grande, donc que vaut ce premier épisode de Sonny Boy ?
L'histoire nous emmène dans un collège perdu au coeur d'un voile noir qui isole les élèves de l'extérieur. Seuls les étudiants sont présents, le corps enseignant n'a pas subi la situation. Mais au lieu de paniquer, l'ambiance est à l'euphorie. Car certains élèves se sont vu doté de pouvoirs psychiques qui les galvanisent. Cela fait sept jours que l'événement a eu lieu, le bureau des élèves cherche à remettre de l'ordre dans le chaos. Car les élèves livrés à eux-même en ont profité pour expérimenter leurs pouvoirs, un pouvoir parfois destructeur et dangereux. Il va falloir y mettre un terme.
Woh, totalitarisme nous voilà ! Excellent épisode à l'aspect technique irréprochable ! Les pouvoirs sont assez variés mais l'illustration de ceux-ci par la vibration de l'espace qui se brisent et se tort rappelle un peu les effets que nous pouvions retrouver dans les rêves d'ID:INVADED et ça fonctionne à merveille !
Les décors signé Studio Pablo et la colorisation de Ken Hashimoto (habitué des productions de Shingo) tranchent avec le ciel noir permanent, ce néant qui les entoure à la fois onirique et oppressant. Cette situation renforce cette montée d'autoritarisme, ce besoin de contrôle quand il n'y a plus prise sur le réel. Ce collège qui disparaît évidemment ça n'est pas sans rappeler L'Ecole emportée du grand Kazuo Umezu mais cette situation d'enfant livré à eux-mêmes qui se perdent dans la violence et l'autorité ferait plutôt écho à Sa majesté des mouches. C'est d'ailleurs amusant qu'Eguchi soit au chara-design de Sonny Boy, lui qui signait avec Madhouse au début des années 2000 Mujin Wakusei Survive, une autre série survival d'enfants perdus (sur une autre planète cette fois).
Le début est globalement sage, mais la tension monte vite et le degré de violence s'accentue au fur et à mesure que l'épisode avance, c'est la punition qui finit par devenir de plus en plus démesurée. Vivement la suite pour voir comment ça va évoluer, comment ça va dégénérer. En attendant, c'est l'un des démarrages les plus solides de la saison et un grand oui.
Alain Broutta
Note :
Parmi la vague d'annonces d'un été 2021 bien morne, dépourvu de blockbusters parmi ses nouveautés, une curiosité aura retenu notre attention : Sonny Boy. Se distinguant des autres par son contenu original (non adapté d'un autre support), ce projet a fait parler de lui moins pour son histoire que pour son équipe de production. Voyez plutôt : au sein du studio Madhouse, qu'on ne présente plus, Sonny Boy est conçu et dirigé par Shingo Natsume, le réalisateur derrière Space Dandy, ACCA-13, ou la première saison de One Punch-man. Le chara-design original est signé par le mangaka Hisashi Eguchi (Stop! Hibari-kun!, Perfect Blue, Roujin Z) et réadapté par Norifumi Kugai (ACCA-13). Bref, rien qu'avec ce casting, on a déjà envie de s'y plonger, sans même connaître l'intrigue !
On vous conseille de vous jeter sur le premier épisode sans plus tarder, et avant que nos chroniques ébrèchent les surprises qui vous y attendent. Néanmoins, notre travail éditorial étant ce qu'il est, nous devons de notre côté creuser davantage. On vous aura prévenus ! De quoi parle Sonny Boy, donc ? L'histoire est celle de 36 collégiens qui se retrouvent piégés dans leur collège après que ce dernier a été envoyé dans une autre dimension. Oui, ça ressemble à de l'isekai, mais ne fuyez pas. Car d'une part, la série revient à ses fondamentaux en évoquant notamment L'École emportée. Tout comme dans l'œuvre de Kazuo Umezz, les rapports humains survivalistes s'expriment avec fracas, mais avec un ton plus posé. L'ingrédient spécial ? Certains d'entre eux ont obtenu des pouvoirs magiques durant le saut dimensionnel.
Sur ce contexte simple (mais pas simpliste), Shingo Natsume joue la carte de l'épure. Le collège flotte dans une toile de fond d'un noir uniforme et pénétrant, étouffant au passage toute forme de musique extra-diégétique. La caméra est ainsi concentrée sur les protagonistes, animés d'une manière tout à fait singulière : Nagara le protagoniste discret, la pétillante Nozomi, le conseil des élèves qui essaie d'imposer ses règles, les rebelles qui les transgressent… L'expression de leurs pouvoirs respectifs est aussi l'occasion pour le réalisateur d'offrir des effets singuliers de déformation de son univers ou de l'image elle-même. Le tout s'exprime sur un plan para-psychologique passif-agressif, qui évoque quelque part l'œuvre de Satoshi Kon. Ainsi, le jeu des relations et les différentes saynètes nous entraînent l'air de rien vers un premier climax réussi, qui s'échappe vers une nouvelle direction dans un élan digne de La traversée du temps.
Sonny Boy s'inscrit vraiment dans cette lignée de projets originaux ou expérimentaux, une véritable œuvre d'auteur qui permettra à Shingo Natsume de s'exprimer à son plein potentiel. On ose s'avancer en disant que cette série fera date, peut-être pas comme succès populaire, mais comme objet d'étude d'une nouvelle génération de l'animation japonaise. En attendant, on savoure et on se laisse porter par ce voyage tout à fait singulier.
Pa Ming Chiu
Note :
Cela fait déjà une semaine que le collège a mystérieusement été transporté dans une autre dimension. Juste avec les étudiants et sans aucun adulte. Et impossible d'en sortir. Autour du bâtiment, il n'y a qu'un vide absolu, d'un noir terrifiant. Lors de ce phénomène surnaturel et inexplicable, certains étudiants se sont également vu doter de super-pouvoirs. Mais étonnamment, personne ne panique. L'ambiance est plutôt bon enfant et détendue. En l'absence du corps enseignant et de toute forme d'autorité, ceux qui ont des pouvoirs s'en amusent, quitte à dégrader l'école, et les autres font passer le temps comme ils peuvent.
Ces étudiants sont-il déjà morts et dans l'antichambre du paradis et des enfers ?
De manière plus prosaïque, cette bulle de tranquillité et de liberté peut-elle durer ? Une telle situation en huis clos va forcément faire ressortir les vraies personnalités de chacun et attiser les tensions. Les possesseurs de pouvoirs ne vont-il pas en profiter pour dominer les autres ? Pour tenter de remettre un peu d'ordre et d'éviter que le chaos ne s'installe durablement, le conseil des élèves essaye alors de prendre les choses en main en imposant un leadership, un rationnement des provisions, un tchat de groupe, de nouvelles règles de vie et une distribution équitable des tâches du quotidien.
Mais ce côté strict n'est pas au goût de tout le monde.
La première chose qui saute aux yeux est l'agréable character design du « King of Pop » Hisachi Eguchi. On reconnaît bien son style, en apparence simple, mais d'une élégance certaine. D'ailleurs, hommage lui est rendu à travers une scène où un des personnages lit son manga comique culte Stop !! Hibari Kun !.
En matière de mise en scène, c'est plutôt épuré aussi mais efficace. L'économie de musique est une bonne idée et apporte une touche de réalisme au ton. Car, à n'en pas douter, si la situation est fantaisiste, la façon dont elle commence déjà à dégénérer est des plus vraisemblable. Le sous-titre de cet épisode aurait d'ailleurs pu être « L'enfer est pavé de bonnes intentions ».
On sent bien dès le départ qu'on n'est pas dans My Hero Academia et la sacralisation des belles valeurs. Ici, c'est un laboratoire et les personnages sont des souris. Une quarantaine de jeunes gens, dépouillés de l'autorité du jour au lendemain, dans un environnement clos et avec des super-pouvoirs distribués au hasard : que pourrait-il arriver de fâcheux ?
Bien qu'elle ne soit pas nouvelle (on pense par exemple à Lord of the Fly, Lost ou L'Ecole emportée), l'étude, tant humaine que sociétale, reste passionnante et parfaitement en phase avec notre époque troublée.
Note :
Nagara a un souci. Il n'a pas de pouvoirs. Dans un monde normal, il s'en ficherait, mais dans Sonny Boy, rien n'est « normal ». Alors qu'il se repose sur le sol de la classe, un chat et une jeune fille apparaissent dans son champ de vision. C'est par la « discussion » que Nozomi a avec le chat que l'on nous donne les clés de cet univers original, si joliment animé, proposé par le studio Madhouse, écrite et pilotée par Shingo Natsume.
Le récit débute sous un soleil de plomb. Tout pourrait se dérouler dans un lycée, n'importe lequel au Japon ou ailleurs. Mais non. Dès la première minute, on perçoit une ambiance digne de La Quatrième dimension. Certains lycéens ont des pouvoirs, d'autres non. Nos héros sont de ceux-là. Mais surtout comme le dit la demoiselle : à part l'école, le reste du monde a disparu. Utopie ou enfer, s'interroge-t-elle ?
Le lycée est posé dans un noir profond. Parmi les lycéens, une poignée tient à conserver le cadre hiérarchique, à mener la barque. Ils croient comme fer au rôle de délégué et entendent recréer des règles. Un cerveau, un gros bras et une peste vont prendre le pouvoir. Leur outil : la messagerie de groupe. Quand les téléphones s'allument, ils ne communiquent pas vers l'extérieur. Ils permettent au jeune homme à l'étoile de mettre en place ses pions, de tisser son réseau, de créer sa petite place publique numérique. Des élections portent le gros bras à la tête du bahut. Alors sur le temps s'étire, tout à coup, de nouvelles règles sont mises en place et cela ne plaît pas du tout à nos deux dilettantes.
Cap, le chef, a assigné des tâches à chacun dont le ménage. Nos deux gus n'ont pas de portable. Quand il est question d'interdire les dotés de pouvoir d'en abuser, la présidente du BDE déclenche la colère d'un lycéen. On comprend pourquoi Gap est chef : son pouvoir est de punir ! Une croix noire apparaît alors sur le visage du puni, qui fait des lignes… C'est alors qu'il va devoir affronter un refus qui va totalement le dérouter, Nozomi n'a pas du tout l'intention d'avoir un smartphone, même s'il est gentiment offert. Elle ne veut pas entrer dans ce nouvel ordre numérique. Très peu pour elle. Elle ne veut pas participer à cette mise au pas de ses camarades, elle est pour la liberté.
Graphiquement, Nozomi est vêtue d'une chemise bleue et d'une jupe sapin, alors que son « adversaire », la présidente du BDE, est en gris et noir. Tout est dit en un coup d'œil. Elle ne gobe pas non plus le discours sectaire du jeune homme à l'étoile. S'il se prend pour un dieu, elle ne croit pas en lui. Et elle ne se laisse pas faire. Va-t-elle être punie ? Eh oui !
Sonny Boy est une série vraiment intrigante. Le chara design est parfait et le choix d'un graphisme tout en aplat colle parfaitement avec le propos. Comme le lycée, les personnages s'enferment dans les coins sombres de leur personnalité. Le gars à l'étoile se rêve gourou suprême, la présidente du BDE en haut de l'affiche, etc. Tout ce petit monde va prouver encore une fois que rien n'est prévisible dans Sonny Boy. Et c'est tant mieux. Une série inratable.
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