Le guide des anime du printemps 2021
Megalobox 2: Nomad

par l'équipe éditoriale d'Anime News Network,
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Combien donnez-vous l'épisode 1 de
Megalobox 2: Nomad ?
Note de la communauté : 4.6



Qu'est-ce que c'est ?

VIVRE LE RÊVE UNE NOUVELLE FOIS
La Megalobox est le sport de combat par excellence combinant le corps humain et la technologie des exosquelettes. "Gearless" Joe, un boxeur qui la pratique, est connu pour avoir participé sans aucun équipement au Megalobox, un tournoi permettant d'élire le meilleur combattant du ring. En trois mois seulement, il est passé du statut de boxeur miteux de matchs illégaux à celui de champion du Megalonia. Devenu une légende vivante grâce à sa victoire miraculeuse, il a fait battre le cœur d'un grand nombre de personnes en leur faisant vivre un rêve éveillé. Sept ans plus tard, "Gearless" Joe décide de réapparaître sur un ring clandestin. Il s'équipe d'un exosquelette sur un corps couvert de cicatrices et se surnomme lui-même "Nomad".

Megalobox 2: Nomad est diffusé sur Wakanim tous les dimanches.


Comment était le premier épisode ?

Pa Ming Chiu
Note :

Dans un futur indéterminé, la boxe se pratique avec des exosquelettes, les « gears », pour amplifier la puissance et la rapidité des combattants. Mais Junk Dog, un boxeur issu d'un bidonville, allait se démarquer du lot en refusant de combattre avec un gear, et grimper peu à peu les échelons jusqu'au sommet.

Après sa victoire surprise sur le champion russe Yuri au prestigieux tournoi Megalonia, Junk Dog, maintenant surnommé « Gearless Joe », avait tout pour rebondir sur ce triomphe et continuer son incroyable ascension dans la Megalo box. Pourtant, cinq ans plus tard, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Accro à l'alcool et aux amphétamines, vivant à nouveau dans la pauvreté et hanté par le fantôme de son ancien coach, Junk Dog qui se fait à présent appeler « Nomad », traîne ses gants et son gear dans les salles de Megalo Box clandestines.
Bien qu'étant au fond du trou et enfermé dans une spirale autodestructrice, il lui reste encore un minimum de fierté, étant donné qu'il persiste à refuser les matchs truqués. Un soir, Nomad se retrouve face à un autre ancien pro, particulièrement redoutable et qui lui donne plus de fil à retordre qu'il ne l'aurait imaginé. Ce combat acharné peut-il réveiller la bête qui sommeille en lui ?

Le ton a changé depuis la première série. Il n'est plus question ici d'une quête initiatique et de dépassement de soi mais de descente aux enfers et de rédemption. En revanche, on retrouve la même qualité de réalisation et d'écriture.
Le character design semi-réaliste est toujours aussi agréable, les cadrages sont bien choisis, la direction photo vaporeuse sert parfaitement l'ambiance, le rythme est bon et une fois sur le ring, les animateurs se font plaisir et offrent quelques jolis fulgurances.
Le point de vue intimiste d'un héros déchu, à grand renfort de doutes existentiels, n'est certes pas original en soi, mais fonctionne quand même très bien ici, tant la rupture avec la fin de la précédente série est violente. Mais d'une certaine manière, cette évolution est logique et correspond toujours parfaitement à l'intention première de Megalo Box, à savoir rendre hommage à Ashita no Joe. Et rappelons que l'immense œuvre de Tetsuya Chiba et Asao Takamori n'est pas qu'un manga de sport mais aussi une poignante tragédie.
Le nouveau nemesis de « Joe » dévoilé dans cet épisode sera-t-il « son Jose Mendoza » ?
Ce premier épisode joue en tout cas efficacement la carte du mystère, et se garde bien d'en dire plus sur cet adversaire et de révéler les raisons de l'étonnante décadence de Nomad. Pourquoi a-t-il mis fin à sa brillante carrière ? Que se reproche-t-il ? Qu'essaye-t-il d'oublier ? Autant d'interrogations qui nous rendent impatients de voir la suite.


EmmaNouba
Note :

Attention avec cette saison 2 de Megalobox, on touche à une série culte. Mais parlons vite, parlons clair. Ce premier épisode est un petit chef-d'œuvre, une parfaite introduction pour qui n'a pas l'historique !
En 2018, la première saison est produite pour célébrer les 50 ans du manga Ashita no Joe. TMS Entertainment a bien joué, Megalobox est un énorme succès. Gageons que le second opus trouvera son public. Mais surtout, ce qui séduit est que l'on peut très bien accrocher en néophyte. On (re)trouve quelques années plus tard Joe, connu sous le sobriquet de Nomad. Il traîne ses gants de boxe et son attirail cyber de ville en ville, accumulant les combats clandestins de plus en plus underground. L'homme est hanté par un secret, et là, à moins que l'on ait droit à des flashs-back par la suite, il va falloir plonger dans la saison 1 pour mieux apprécier (disponible sur ADN et Netflix). Il a merdé, il y a cinq ans, quittant à jamais le circuit officiel du Megalobox, cette boxe en mode cyber. Pourtant Joe était monté tout en haut du podium : champion premier du Megalonia. Ensuite, il était parti. Depuis, entre bières et médicaments, il se laisse flotter. Son corps lui rappelle chaque jour les coups qu'il prend et donne et il le dompte à coup de cachets contre la douleur. Il a perdu toute volonté, la seule chose qu'il fait bien, c'est de gagner sur un ring, fut-il illégal. Mais à force, il va se prendre un mur…

Introspection autour d'un personnage, Megalobox 2: Nomad pose rapidement une ambiance de fin du monde, avec une image sombre, très année 1980, reflet de l'état de notre bonhomme. Si le chara design du premier volet était signé Hiroshi Shimizu, il a passé le crayon à Ayumi Kurashima (Eureka Seven Hi-Evolution) qui compose un Nomad au bout du rouleau, un homme sec, drogué et perdu dans sa vie comme un rônin, sans but.
L'ambiance de ce premier épisode oscille entre western, film de boxe version mécanisée à la Mad Max, et de clins d'œil à Fight Club. Notre ami, l'ex-star de Megalobox, parle ou plutôt est sermonné par un gars que l'on soupçonne rapidement d'être son « Tyler ». Avec une dégaine de vieil entraîneur, il apparaît, l'engueule et hop, disparaît !

Megalobox 2: Nomad n'est pas réalisé par le premier venu : You Moriyama (notamment concepteur visuel sur L'Attaque des titans), aux manettes de la saison 1, offre à nouveau une mise en scène soignée. Mais elle est de part en part cinématographique, dans les angles, les cadrages, les plans de respiration. Ce scénario, signé Katsuhiko Manabe et Kensaku Kojima amorcé dans ce premier épisode, promet la résurrection du héros Nomad ou la chute définitive de Joe. Si l'anime de boxe classique n'est pas votre tasse de thé, notez que les scènes ne sont pas nombreuses, et animées magistralement avec fluidité.
Visuellement, Megalobox 2: Nomad a un vrai cachet, une ambiance singulière. Le pari est gagné, ce premier épisode donne envie de rester au côté de cet homme si seul, de voir de loin où va sa moto et de se laisser porter par la musique de mabanua…


Damien Hilaire
note :

Gearless Joe revient ! Megalobox, la production originale créée pour fêter les 50 ans d'Ashita no Joe, rempile pour une saison 2. Suite directe de la première s'il en est, puisque cinq ans se sont écoulés entre la fin du final de la saison 1 et ce début de saison 2. Toujours produite par le studio TMS Entertainment, la série est encore une fois réalisée par Yô Moriyama avec le duo Katsuhiko Manabe et Kensaku Kojima à l'écriture comme sur la première saison. Donc on prend les mêmes et on recommence ? Que raconter après ce final un brin frustrant où l'on voyait Joe devenir champion face à Yuri ? Ce qui est sûr c'est que la qualité technique sera au rendez-vous car il faut maintenir hautes les attentes des spectateurs qui ont apprécié le cachet rétro et l'animation efficace de Megalobox.

Gearless Joe a disparu de la circulation. Cinq ans après sa victoire, il est redevenu un boxeur clandestin qui tabasse des inconnus dans des rings souterrains miteux où les matchs sont truqués pour rouler les spectateurs dans la farine et gagner un max de blé avec les paris. Devenu Nomad, Joe écume les salles en défonçant chacun de ses adversaires. Sa seule demande c'est d'avoir des matchs non truqués ce qui est compliqué dans ce milieu. Hanté par les souvenirs de son coach, il se gave d'antalgiques pour oublier la douleur. Joe est devenu une épave ambulante qui cherche à souffrir pour expier ses fautes. Point de rédemption pour celui qui se bat avec lui-même. Loup solitaire qui passe son temps à trembler à cause du manque de médocs et à vomir quand il fait une surdose, le champion n'est même plus l'ombre de lui-même, il est une image rémanente d'un passé grandiose. Le match de ce soir se fait face à un ancien pro, voyons ce qu'il a dans le ventre.

Ok ! En partant sur cette voie-là, le studio joue une carte assez facile mais relativement efficace. Cela ne remet pas les compteurs à zéro mais donne l'illusion qu'on est au point de départ. Ce qui est pratique en l'état puisque la série peut ainsi être vue par ceux qui n'ont pas vu le premier arc des aventures de Gearless Joe sans qu'ils y perdent trop de l'intrigue.
Comme toujours l'animation est somptueuse, on retrouve cette image tremblante légèrement floue qui donne l'impression de regarder l'épisode sur une vieille cathodique, un choix volontaire qui a fait débat mais a le mérite de donner une véritable identité à la série. L'ambiance est relativement sombre avec des couleurs ternes et une luminosité quasi absente qui viennent souligner l'état dépressif du héros que l'on peine à reconnaître. Le premier duel de megalobox est un massacre à sens unique qui rappelle ô combien Joe peut être impitoyable sur le ring. Mais le second lui donne plus de fil à retordre et l'animation se lâche beaucoup plus avec des mouvements de caméra dynamique n'empiétant pas sur la lisibilité de l'action. Est-ce que cet ancien pro va être le Yuri de cette saison ? Le coup de pied au cul dont à besoin Joe pour avancer et redevenir celui qu'il était ou plutôt, celui qu'il devrait être ? La symbolique de la scène finale a le mérite d'être claire.


Alain Broutta
Note :

En 2018, le studio TMS Entertainment nous a présenté une création célébrant les 50 ans du mythique manga Ashita no Joe d'Asao Takamori et Tetsuya Chiba. Nommé Megalobox, ce projet nous a proposé une relecture futuriste, quelque peu cyberpunk, du récit original : la boxe y est en effet remplacée par une version augmentée, la Mégalobox, où la puissance des lutteurs est augmentée par des prothèses mécaniques. Pourtant, le héros de cette histoire, JNK Dog, ou “Gearless Joe”, décide de sortir des sentiers battus en combattant sans le moindre équipement ! En quelques mois (et une douzaine d'épisodes), Joe réussit son pari et se hisse au sommet de la première édition du Mégalonia. Un court hommage, donc, à l'œuvre phare qui a bouleversé la jeunesse nippone à la fin des sixties…

L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais, fort du rayonnement de cette petite série hommage autour du monde, TMS a créé la surprise en annonçant en ce début 2021 une suite au remake. Megalobox 2: Nomad arrive donc au printemps de la même année. En France, alors que la première saison a été présentée sur ADN, puis distribuée en physique et vers d'autres services de VOD (Prime Video), cette seconde saison a atterri chez Wakanim. Du côté de la production, on prend les mêmes et on recommence, ou presque : le réalisateur Yô Moriyama est toujours aux commandes, mais la série accueille deux nouveaux chara designers : Ayumi Kaneda et Naomi Kurashima.

Une suite directe, donc ? Eh bien, pas tout à fait ! Si la première série évoquait dans son épilogue la tenue d'un second Mégalonia, le ton résolument positif de la conclusion évoquait plutôt une happy end… à mille lieues de ce qui pouvait se passer dans Ashita no Joe à la fin de sa première partie, avec un tournant tragique qui a marqué à jamais l'histoire du genre manga. Et pourtant, cette saison 2 s'ouvre comme si elle renouait avec son matériau de base ! En effet, contre toute attente, le récit s'offre un bond de sept ans après l'issue du 1er Mégalonia. Joe, en pleine traversée du désert, sillonne le pays pour se livrer à des affrontements clandestins, sous le surnom de “Nomad”, endossant de nouveau un équipement de combat. Désabusé, solitaire, soulard et accro aux médicaments,en proie à des hallucinations, Joe n'est plus que l'ombre du vaillant et lumineux boxeur qu'il était autrefois. Mais qu'a-t-il bien pu se passer, durant les six ans qui nous séparent du joyeux épilogue de la saison 1 ?

Ce premier épisode de Nomad prend ainsi le temps de refondre entièrement son protagoniste, lui offrant un relief beaucoup plus accidenté de héros déchu, marqué par une douleur qu'il est le seul à porter. Le décor de ses turpitudes appuie son mal-être, des hôtels miteux aux rings souterrains, en passant par un bar et une séquence musicale mémorable. Le tout nous donne l'effet d'un road movie crépusculaire, un western post-apocalyptique, portée par une réalisation tout à fait somptueuse. Pour tout cela, Megalobox 2 réussit parfaitement son pari, prolongeant son hommage spirituel au firmament.


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