Le guide des anime du printemps 2021
To Your Eternity

par l'équipe éditoriale d'Anime News Network,
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To Your Eternity ?
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Qu'est-ce que c'est ?

Un garçon solitaire errant dans les régions arctiques de l'Amérique du Nord rencontre un loup. Tous deux deviennent rapidement amis, dépendant l'un de l'autre pour survivre dans cet environnement hostile. Mais ce garçon a une histoire et sa rencontre avec ce loup n'est pas fortuite...

To Your Eternity est diffusé sur Crunchyroll le lundi à 18 h 30.


Comment était le premier épisode ?

Alain Broutta
Note :

Après A Silent Voice, titre très humain sur le handicap qui a propulsé sa notoriété internationale, la mangaka Yoshitoki Oima s'est lancée en 2016 dans un récit autrement plus ambitieux : To Your Eternity. Une fresque métaphysique dantesque, dont le projet est de narrer l'histoire d'une humanité en plein développement (pas la nôtre précisément) au travers du regard d'un être surnaturel, immortel, saluée par la critique au Japon et dans le monde (notamment lauréat du Kodansha Award en 2019). Alors que la première partie du manga est arrivée à son terme avec son 12e volume, l'annonce d'une version animée très attendue a émergé. Produite par le studio Brain's Base (Durarara!!, Blood Lad, Natsume Yûjin Cho…), l'adaptation animée est dirigée par Masahiko Murata (Baby Steps, Gilgamesh, Naruto Shippûden). Un temps prévue pour octobre 2020, la sortie de l'anime a été décalée au printemps 2021, du fait de la crise sanitaire mondiale.

Pour ce premier épisode, on ressent le soin apporté à la fidélité de l'œuvre originale, que ce soit dans les péripéties ou dans le style graphique, respectant à la lettre le matériau d'origine offert par Yoshitoki Oima. Le récit est même sublimé par un choix de couleurs judicieux, mais aussi et surtout par les compositions musicales de Ryo Kawasaki (Altair, Fate/Grand Order, Muhyo & Ryoji), qui soulignent les moments d'émotions les plus intenses. Car oui, de l'émotion il y en aura, et ce dès cette introduction !

En effet, ce premier épisode adapte le double chapitre introductif du manga, qui constitue déjà une première histoire à part entière. Au commencement, une entité divine, qui fera également office de narrateur (par la voix grave et chaude de Kenjirô Tsuda), lance une sphère de lumière sur une Terre encore peu peuplée. En tombant sur le sol, la sphère se fond dans le paysage environnant en prenant la forme d'une pierre, puis de mousse. Mais alors qu'un loup grièvement blessé vient achever sa course sur elle pour rendre son dernier souffle, voici que la sphère prend l'apparence de l'animal, acquérant alors une conscience. Par instinct, sous cette forme lupine, l'être se rend vers une demeure : le loup, qui se nommait Joan, était en réalité apprivoisé par un humain, un jeune homme, dont on ne connaît pas le nom, qui veille seul dans un village en plein hiver. Tandis que les siens sont partis chercher des vivres au-delà des montagnes, lui est resté pour s'occuper des aînés. Mais les aînés sont morts, et ses compagnons ne sont jamais revenus. Aussi, un jour, le garçon décide de braver l'hiver pour les retrouver, en compagnie de l'être qui est devenu son loup. C'est le début d'un voyage périlleux et impitoyable...

Première histoire donc, mais aussi une vraie note d'intention de la série toute entière. En effet, To Your Eternity est autant un conte doux-amer qu'un observatoire philosophique du genre humain, au travers de destinées tantôt héroïques, tantôt tragiques. L'adaptation de ce premier chapitre est une pure réussite, offrant l'occasion d'entraîner de nouveaux adeptes dans ce pèlerinage pour l'éternité.


EmmaNouba
Note :

Quel étrange anime. N'ayant pas lu le manga, c'est avec un œil totalement neuf et curieux que j'attendais cette adaptation. Et l'attente en valait la peine. Le premier épisode de To Your Eternity, série adaptée du manga signé et dessiné par Yoshitoki Ōima (saluée pour A Silent Voice), est une petite merveille. Un grand soin a été apporté à la réalisation par Masahiko Murata (Gilgamesh), le script a été peaufiné par Shinzō Fujita (Robo-kun to Kotori). Le chara design délicat et parfait de Koji Yabuno (Space Brothers) colle parfaitement à l'animation dirigée par Koji Yabuno dans ce premier épisode où tout est blanc, glacé.

Le propos de To Your Eternity part d'un postulat : un organisme polymorphe et immortel est lancé sur Terre, raconte l'auteur de ce « cadeau ». Il a envie d'observer son évolution, de voir ce que cela donne. Partant de là, le nouvel arrivant prend l'aspect d'une pierre. Le temps passe, le caillou grossit. La neige tombe, couvrant le pays d'une couche permanente, enveloppant la pierre. Quand un loup blessé vient à s'écrouler et meurt sur la roche, celle-ci se meut en copie conforme du mammifère mort. Tout ce début, ce passage, avant que cet alien ne développe une conscience, est extrêmement poétique.
Une fois loup, il choit, ne sachant pas marcher. Puis après quelques minutes d'adaptation, il reprend son chemin et arrive dans un village glacé. C'est alors que l'on rencontre un être rayonnant de joie de le revoir, un jeune homme au teint clair. Il lui parle et l'appelle. Car si l'on connaît le nom de l'animal, Joan, on ne saura jamais celui de l'humain. Dans sa grande cabane en forme de moitié de bateau debout, il survit en ermite. Toute sa famille, sauf les Mamies, est partie pour découvrir un autre monde, moins glacé. Là-bas ce serait un paradis, il existerait des choses appelées fruits et légumes. L'homme en rêve et se laisse aller à des envies d'ailleurs, de rejoindre ce mas de cocagne.
Dès le début, on ne peut qu'être plein d'empathie pour ce garçon. Afin de ne pas devenir fou, il s'est naturellement mis à parler en permanence à son ami loup. Maintenant que les vieilles femmes sont mortes, il décide de partir un jour que s'en est assez d'être seul et décide de rejoindre les siens. Ils sont partis depuis cinq ans. Ils ont pris à travers la banquise, cap vers le Sud. Lui aussi veut voir du pays. Flanqué de Joan, il part vers un voyage que l'on sent compliqué, mais aller plus loin serait spoiler.
Et vraiment, ce premier épisode est poignant. Un des points intéressants découlant du postulat de départ est que le « loup » ne sait rien faire, manger, etc. Il est une copie sans la mémoire, ni les acquis, une coquille qui semble apprendre et évoluer… Dans cet épisode, on se sent comme devant une expérience scientifique. En outre, l'ambiance polaire fait parfois penser à The Thing (hommage caché à John Carpenter possible) et rien n'est serein. Cette solitude dans ces steppes glacées appelle à un destin tragique. Vraiment cet épisode est construit comme un passage, vers une nouvelle mue et de nouveaux paysages… Vivement.


Pa Ming Chiu
Note :

Une entité divine immortelle s'incarne sur Terre pour observer l'évolution de l'humanité. Elle devient tout d'abord caillou et observe la nature, puis un animal sous la forme d'un loup et découvre ce que signifie être en vie. Enfin, sous cette même forme, elle rencontre son premier humain et va comprendre le poids de la mortalité, de la solitude, mais aussi l'empathie, le courage et la conviction…

Adapté d'un manga de Yoshitoki Ōima, popularisé suite au sympathique (mais un peu overrated quand même) A Silent Voice, To Your Eternity prend une direction très différente de son succès précédent. Exit le cadre scolaire, la critique sociale et l'histoire d'amour contrariée. Ici nous sommes dans une œuvre métaphysique et philosophique qui au travers du point de vue neutre de l'entité (avec la voix off chaleureuse et très agréable de Kenjirô Tsuda qui se fait ici narrateur) propose une véritable étude ontologique.
Le cadre est volontairement fictif et alternatif au nôtre, probablement dans une optique de laisser plus de souplesse à l'histoire sans avoir à se référer à des peuples et à des périodes historiques précises. L'univers n'en est pas moins séduisant sur le plan visuel et bien caractérisé (peu d'humains, environnement hostile).
Rien à redire non plus sur la réalisation du studio Brain's Base (Baccano!, Durarara!!, Rinne, etc.), la mise en scène et les story-boards de Masahiko Murata (Saiyuki, Mazinkaizer, Naruto Shippûden, une participation à Serial Experiments Lain, etc.) et la scénarisation. C'est sans esbroufe mais on est dans le simple et efficace. Les singularités du point de vue et du propos suffisent à distinguer la série et à apporter une réelle plus-value sur nombre de productions se déroulant dans des mondes uchroniques. D'ailleurs, ce premier épisode qui adapte le chapitre introductif pourrait se suffire à lui-même en tant que court-métrage tant il est puissant à la fois dans sa tragédie et son sous-texte. Reste à espérer que cette qualité d'écriture perdure pendant toute la série. Le principal reproche qu'on pouvait faire à A Silent Voice était de tirer en longueur (malgré le faible nombre de volumes) et de délayer la force de son propos à force de l'étirer. Espérons que ce sera plus équilibré sur la longueur dans To Your Eternity.
Pour l'anecdote, on remarquera aussi une très chouette chanson-titre de cette bonne vieille Hitada Hikaru.


Damien Hilaire
Note :

Voici le nouveau manga de Yoshitoki Oima à être adapté en animation après le succès de A Silent Voice par Kyoto Animation ! Cette fois, changement de décors avec To Your Eternity, une œuvre entre S.-F. et fantasy qui n'a rien à voir avec le manga précédent, de près ou de loin avec une ambition démesure pour ce titre qui dès l'épisode 1 nous emmène sur un sentier extrêmement tortueux. La surprise est aussi de découvrir que le studio qui s'est collé à l'adaptation n'est autre que Brain's Base, quasiment des revenants puisque, rappelez vous, c'était ce studio qui était sur In/Spectre l'an dernier. Sur la pente ascendante mais accusant encore le départ des fidèles d'Omori, To Your Eternity n'a pas une réalisation aussi économe qu'In/Spectre. La série est réalisée par Masahiko Murata, un réalisateur passé par Pierrot où il a travaillé sur Naruto Shippuden sur lequel il a réalisé plusieurs films dont le très bon Blood Prison. Mais il reste un membre historique de Brain's Base puisqu'on lui doit également les OAVs MazinKaiser, ce qui ne remonte pas à hier. Et justement, devinez qui adapte To Your Eternity ? Shinzô Fujita ! Oui le même que sur MazinKaiser. Ils ont donc bossé ensemble il y a déjà un moment mais ça remonte. Espérons que cette expérience commune servira sur To Your Eternity.

Ce premier épisode démarre dans le froid. Une entité mystérieuse visiblement omnisciente lâche sur Terre une sphère d'énergie capable de mimétisme. D'abords rocher, elle reste en place, immobile contre vents et marées. Un jour, un loup blessé s'effondre sur elle, qui prend forme sur le cadavre encore chaud de la bête. Désormais pourvu d'une conscience et de membres lui permettant de se déplacer, l'entité commence à avancer dans la neige. Capable de guérir la blessure fatale au loup, il chemine sans s'arrêter et finit par revenir au maître du loup, un jeune garçon, seul dans un village à l'abandon. À ses côtés il va apprendre les rudiments de la vie, manger, dormir, apprécier la chaleur du feu et la compagnie de quelqu'un. Mais où sont donc passés les autres villageois ?

C'est un premier épisode sacrément intrigant. On a notre boule magique de l'espace faite par Dieu ou on sait pas qui, qui est transformée en loup et qui fait sa vie à côté d'un gamin qui est beaucoup trop seul et qui comble cette solitude en parlant à sa bestiole. Sauf que c'est pas son loup vu qu'il est mort. Donc on a une créature inconnue dénuée de sentiments qui imite les êtres vivants et prend la place d'un être cher pour un gamin qui ne saura jamais la vérité. Et ne vous attachez pas au gosse parce que ce n'est pas lui le héros du tout, c'est d'ailleurs bien vite une évidence quand nous observons ce qui leur arrive. Il n'est qu'un point d'entrée dans le récit et c'est assez osé de poser les choses ainsi.
Techniquement c'est vraiment joli, l'animation est propre de même que la musique mélancolique qui aide à se laisser porter par le récit. C'est un titre vraiment original et la suite risque de nous surprendre car avec ce premier épisode, il est simplement impossible de prédire le reste.


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