Le guide des anime de l'automne 2021
Mieruko-chan

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Mieruko-chan ?
Note de la communauté : 3.8



Qu'est-ce que c'est ?

Si jamais vous étiez subitement capable de voir des êtres monstrueux qui ne devraient pas exister, que feriez-vous ? Et si ces choses venaient vous parler, comment réagiriez-vous ? Prendriez-vous vos jambes à votre cou ? Apprendriez-vous des techniques louches ? Ou bien, consulteriez-vous un médium pour les combattre ? Miko Yotsuya, notre jeune lycéenne, a de son côté pris sa décision…Celle de les ignorer royalement ! Ne rien voir, ne rien sentir ! Telle est sa philosophie ! Dans cette histoire horrifique, une lycéenne fait des pieds et des mains afin d'éviter ces monstruosités, grâce à son mental d'acier et à ses capacités à feindre l'ignorance. Vous ne les voyez peut-être pas, mais ils se trouvent tout près de vous, juste là…

Mieruko-chan est diffusé sur Wakanim le dimanche à 16 h.




Comment était le premier épisode ?

Damien Hilaire
Note :

Bon, Mieruko-chan… que dire. Déjà j'y vais à reculons ! Parce que Passione, leur dernière production c'était Higurashi et j'ai encore mal en y repensant ! Bon cette fois c'est normalement plus simple on ne parle pas d'une œuvre ancienne avec des ramifications dans tous les sens donc partons confiant !
Mieruko-chan est l'adaptation du manga éponyme sorti chez nous sous le nom Slice of Horror : Mieruko-chan. Le concept donne une comédie horrifique dont le point de départ plutôt simple amène à une intrigue plus originale qu'au départ. Pour réaliser l'adaptation, Passione met Yuki Ogawa dessus, qu'on connaît déjà et pas forcément pour de bonnes choses ! Il est derrière Interspecies Reviewers, mais aussi Miru Tights ou Tawawa on Monday. Et ça aura son importance pour la suite. L'écriture du scénario est confiée à Kenta Ihara, que nous commençons à bien connaître aussi puisqu'on lui doit plein d'adaptation d'isekai comme Tsukimichi la saison dernière. Voyons ce que tout ça donne sur ce premier épisode.

Miko est une lycéenne tout ce qu'il y a de plus normale. Elle n'a pas de problème avec sa famille et va à l'école sans déplaisir. Mais depuis quelques temps, elle commence à repérer des choses dans l'ombre, des mirages fugaces, invisibles aux yeux de tous. Est-ce qu'elle a des hallucinations ? La fatigue lui jouerait-elle des tours ? Alors qu'elle attend le bus seule un soir, la réponse lui apparaît sous le nez. Hideuse, grotesque et terrifiante, elle ne peut pas faire comme si elle ne le voyait pas. Ou peut-être bien que si.

Mieruko-chan c'est une histoire de J-horror qui vire à la comédie et normalement c'est assez sympa à lire. Mais ce premier épisode choisit d'aller à fond dans le malaise plutôt que de suivre la veine comique. Résultat : l'ambiance globale n'est pas celle espérée, on observe juste un truc un peu flippant avec une dose de fan service beaucoup trop importante. Le nombre de plans male gaze qui mettent en avant les fesses ou les poitrines des personnages féminins sont beaucoup trop insistants au point que ça en devient gênant, on dirait qu'Ogawa a oublié qu'il n'était plus sur Interspecies Reviewers et il continue de cadrer comme dans un vieux ecchi des années 2000. C'est gênant. D'autant que ce premier épisode montre la découverte de la vision de l'héroïne et que pendant toute la première moitié nous avons droit à l'épisode 1 de SCHOOL-LIVE, tout va bien mais en fait NON et le cadrage et les actions des personnages sont faits pour mettre la puce à l'oreille sur ce qui dérange. Sauf que là ce qui dérange c'est pas les monstres sous le nez mais les angles de caméra libidineux en diable, l'aspect cradingue des apparitions n'est pas tant dérangeant. Et pourtant la série cherche à être malaisante, la musique colle à une ambiance pesante qui n'a rien à voir avec le côté décalé du manga.

Premier épisode raté, le second sera-t-il meilleur ? Après tout il n'y aura plus besoin d'installer, il n'y aura qu'à dérouler l'intrigue. C'est à voir, en tout cas le premier n'était pas des plus convaincants.


Pa Ming Chiu
Note :

Miko Yotsuya est une lycéenne sans histoire, mais un jour, elle commence à voir des fantômes rôder autour d'elle. Simples hallucinations dues à la pression atmosphérique ou à la fatigue ? A moins que la jeune fille ait vraiment des talents médiumniques ? Quoi qu'il en soit, ne sachant comment réagir autrement, Miko choisit tout simplement d'ignorer ces revenants et de faire comme s'ils n'existaient pas !

Techniquement, on est plutôt dans le haut du panier. Les dessins sont détaillés et précis, tout comme les éclairages avec souvent plusieurs niveaux d'ombrages sur les personnages ou des dégradés de couleurs (ce qui n'est jamais évident à animer). Mention spéciale aux revenants dont le traité, à grands renforts de textures en petits traits et de lignes irrégulières, est particulièrement pictural. Il y a même une simulation très réussie du bruit vidéo pendant les plans nocturnes de l'intro. L'animation n'est pas en reste et s'avère fluide et bien décomposée dans les posings et les mouvements.
La mise en scène est tout autant travaillée mais dommage qu'elle soit souvent au service d'une lubricité hors sujet. Si certains cadrages sont très réussis, d'autres sont en revanche clairement là pour faire du ecchi. Alors oui OK, Eros et Thanatos ont toujours fait bon ménage, mais là c'est tellement gratuit et « cheveu dans la soupe » que ça ne fait que parasiter le propos.

En parlant de ce dernier, on a d'ailleurs du mal à voir où veut en venir Mieruko-chan. Le pitch de départ est fort amusant mais le ton n'est ni vraiment comique (les fantômes sont quand même assez effrayants et bien que l'héroïne choisisse de les ignorer, elle en a réellement peur) ni vraiment horrifique (les situations finissent par être désamorcées).
On peut toutefois y voir un aspect culturel derrière et penser aux yôkai. Dans le folklore japonais, ces créatures font partie du quotidien. En accord avec une philosophie animiste héritée du shintoïsme, il y a des yôkai pour tout et n'importe quoi. Si certains ont des formes animales, d'autres s'incarnent dans les objets de tous les jours. Ils sont autant des esprits, des démons que des fantômes. Pas forcément néfastes, ceux-ci sont parfois justes farceurs, espiègles, voire bénéfiques et portent bonheur. Si les revenants de Mieruko-chan semblent agressifs et tenir plus du film de fantôme japonais, dit yurei eiga (notons d'ailleurs l'hommage à Ring dans la scène d'introduction), la façon dont Miko essaye de les dédramatiser a donc quelque chose de typiquement nippon. Reste à voir où cela va mener au-delà du concept de base.


Alain Broutta
Note :

Miko Yotsuya est une lycéenne tout à fait banale, au caractère réservé, pour ne pas dire inexpressif, et surnommée “miss 2 de tension” par sa meilleure amie autrement plus énergique, Kaede. Après avoir regardé une émission de télé consacrée aux phénomènes paranormaux, Miko observe les petites étrangetés du quotidien. Le même jour, alors qu'elle se rend compte qu'elle a perdu un pendentif en forme de squelette accroché à son sac, Miko retourne au lycée après les cours pour le chercher. A son retour, après avoir retrouvé sa précieuse mascotte et tandis qu'un orage éclate, la jeune fille s'abrite en attendant le bus. C'est alors qu'un spectre monstrueux apparaît face à elle ! Pourra-t-elle rester de marbre et conserver son calme habituel, face à cette vision effrayante et surnaturelle qui semble lui adresser ses supplications ?

À l'origine, Mieruko-chan est un manga publié depuis 2018 sur le site Comic Walker de l'éditeur Kadokawa, que l'on doit au mangaka Tomoki Izumi. En France, nous avons pu découvrir ce titre chez l'éditeur Ototo depuis octobre 2020. C'est au printemps dernier que fut annoncée l'adaptation animée, pour une diffusion à l'automne. La série est produite au sein du studio Passione, récemment à l'œuvre sur la nouvelle série Higurashi. A la réalisation, on retrouve Yûki Ogawa, qui avait déjà officié chez Passione à la direction d'Interspecies Reviewers. Dès ce premier épisode, nous ressentons bien le passif de l'équipe du studio sur des séries typées fan service. Outre l'exposition de la généreuse poitrine de Kaede, nombreux sont les plans en contre-plongée sur le postérieur de notre héroïne, laissant deviner les reliefs de ses sous-vêtements. Bref, une sur-sexualisation forcée sur des personnages mineures, qui prêterait presque à se fendre d'un rire navré face à son manque de subtilité. Pourtant, cette sexualisation reste une composante de l'œuvre, si l'on voit dans l'apparition des spectres et dans leur allure libidineuse une métaphore des prédateurs sexuels. Mais faut-il pour autant se mettre à leur niveau ?

Mieruko-chan reste avant tout une série horrifique, qui joue sur un ressort classique en opposant des créatures immondes à des jeunes filles innocentes. Mais là où la panique est le plus souvent de mise, ce récit se distingue par le tempérament quasi-mutique de son personnage principal, Miko. Pourtant, dès lors que sa sensibilité aux esprits s'éveille, la jeune fille en voit de toutes les couleurs. Cependant, et malgré son jeune âge, Miko parvient à conserver son calme et sa raison, en réfléchissant au meilleur moyen de ne pas envenimer les choses. On sent que l'auteur prend un malin plaisir à essayer de faire craquer son héroïne en la poussant jusqu'à un point de rupture, du moins c'est ce qui ressort de ce premier épisode. Néanmoins, d'autres demoiselles ouvertes au paranormal ne devraient pas tarder à se joindre à la partie. En définitive, Mieruko-chan est une bonne série horrifique à l'approche d'Halloween. Reste que les écarts de conduite de la réalisation sont dommageables, d'autant qu'elle ne brille pas sous ses autres aspects.


EmmaNouba
Note :

Personne n'a envie d'être comme Miko. Pourtant au premier abord, elle a une vie tout ce qu'il y a de plus banal. Elle vit avec son père, sa mère et son petit frère. C'est une lycéenne classique avec une copine collante et pulpeuse (fan service), une rousse qui ne pense qu'à manger. Elles ont des discussions banales de jeunes filles. On la suit pendant ses cours, bref, il faut l'avouer les premières minutes, comme Miko, on s'ennuie un peu. On apprend au détour d'une conversation entre les filles qu'il y a des soucis électriques, que des lampes s'allument, s'éteignent. L'ambiance se poste doucement, ponctuée par des nuées de corbeaux. Mais elle met du temps à repousser le côté léger de la discussion entre ados. Quand Miko retourne au lycée pour retrouver son porte-clé qu'elle a fait tomber dans les toilettes, on perçoit que la tranquillité est terminée.
Oh toi, spectateur, tu pensais profiter (ou pas) des moments de la vie pénarde d'une lycéenne. C'est râpé et tu vas vite être mis au parfum ! (Enfin). Alors qu'elle tente de joindre sa pote, son téléphone s'affole et elle commence à voir très trucs bien creepy. Mettant cela sur le compte de la fatigue, elle lève le nez et se trouve face à face avec un fantôme monstrueux. Sa tactique pour ne pas flancher est infaillible : elle fait comme s'il n'existait pas, elle ne le voit pas, ou du moins elle a le cran de faire bonne figure et d'agir en l'effaçant de son radar. Mais ce n'est que le début. Elle va de plus en plus devoir faire preuve de sang-froid, ils sont partout et ils l'appellent, lui parlent, l'interpellent. Elle ne flanche pas. On est à ses côtés, elle nous confie sa terreur, mais n'en fait rien paraître aux apparitions. Elle décide de s'équiper, et comme c'est une amatrice d'émissions sur le paranormal, elle tente le bol de sel ! Un vrai échec. Elle va donc s'acheter un juzu, mais le lendemain... et jusque-là, sa vie reste compliquée, les revenants ne la laissent jamais en paix, au lycée, dans la rue, dans sa salle de bain… Si ce premier épisode met un peu de temps à décoller, le néophyte pourra flancher et faire l'impasse sur Mieruko-chan. Et ce serait vraiment faire une erreur. C'est un petit bijou, qui promet des moments intenses. Une première mise en bouche intéressante qui donne envie d'y revenir. Réalisé par Yuki Ogawa (Interspecies Reviewers), sur un script de Kenta Ihara (Ajin), cette adaptation du manga horrifique de Tomoki Izumi vous prend par la main, lentement, mais sûrement. Les fantômes sont terrifiants, on ressent l'odeur de putride qu'ils semblent dégager, et l'on n'en est que plus scotché par le courage de Miko. Elle ne peut en parler à personne, elle n'essaie même pas. Son cerveau est mobilisé sur une seule pensée : tout faire pour qu'ils ne voient pas qu'elle le perçoit parfaitement. Et ce n'est que le début. On peut saluer le travail des six animateurs qui ont designé les monstres, vraiment très crédibles, ainsi que les décors signés par Midori Iwasawa et Shin Watanabe.


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