Le guide des anime de l'automne 2021
The Heike Story

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The Heike Story ?
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Qu'est-ce que c'est ?

Préparez-vous à vivre un bel anime d'époque ! The Heike Story s'inspire d'un conte historique japonais : le récit épique de la lutte entre deux clans pour le contrôle du Japon à la fin du XIIe siècle.

The Heike Story est diffusé sur Wakanim le mercredi à 17 h.


Comment était le premier épisode ?

Damien Hilaire
Note :

Wow alors ça c'est pas courant ! Une production Science SARU qui sort entre deux saisons et réalisée par Naoko Yamada, d'après un classique de la littérature japonaise. C'est pas un kamoulox mais pas loin ! Déjà revoir Naoko Yamada est toujours un plaisir, elle a sûrement vécu des moments difficiles depuis l'incendie de KyoAni donc même s'il est triste de la voir faire ce projet ailleurs, la décision reste compréhensible. Elle réalise donc The Heike Story chez Science SARU, le fameux studio de Masaaki Yuasa et Eunyoung Choi, à qui nous devons déjà Eizouken et DEVILMAN crybaby entre autres.
Pour cette production pour le moins originale, Yamada fait appel à une scénariste avec qui elle a l'habitude de travailler, la grande et prolifique Reiko Yoshida, que nous retrouverons aussi sur Blue Period cette saison. C'est elle qui doit dépoussiérer et adapter Le Dit des Heike, classique de la littérature japonaise écrit il y a 650 ans. Un sacré challenge ! Mais ce n'est pas tout puisqu'à ce casting déjà extrêmement alléchant s'ajoute une autre invité de marque ! L'équipe a fait appel pour le chara-design à Fumiko Takano, une mangaka rare mais extrêmement cotée au Japon, où son nom prestigieux se colle à côté de nombreuses récompenses et critiques élogieuses de la demi-douzaine de titres qu'elle a publiés en 50 ans de carrière. La série a donc débuté à la mi-septembre sur Wakanim, mais nous ne ferons ici qu'une présentation du premier épisode.

Un père aveugle et sa fille déambulent dans les rues d'un marché. Arrive alors un groupe d'hommes en rouge qui se dirige en hâte vers une des masures. Ce sont des larbins du clan Heike, venus punir une famille qui aurait eu de mauvais mots à leur égard, rappelant ainsi leur statut de protecteurs avec médisance. La petite fille s'interroge devant tant de violence, et sa naïveté lui fait dire un mot de trop qui attire l'attention du groupe. Le père s'interpose et subit le fil de leur lame à sa place. Il meurt en laissant sa fille traumatisée, éclaboussée par son propre sang. La scène réveille en elle une vision, la chute de leurs bourreaux dans un océan de flammes.

Venez écoutez l'histoire de la conteuse au biwa ! Le récit nous embarque dans une tragédie particulièrement dure avec une certaine brutalité. Mais le ton global de ce premier épisode n'est pas aussi lourd que son introduction ! Le design de Takano permet une animation stretchy qui aident aux moments comiques mais permet de switcher entre gravité et légèreté sans que ça fasse tache. Biwa la joueuse de biwa qui finit adoptée par ceux qui l'ont rendue orpheline, un concept qui d'ordinaire pousserait à une forme de vengeance. Mais ici elle ne sera que l'observatrice d'une fin d'ores et déjà annoncée.
Ce premier épisode est plutôt dense, entre l'introduction des personnages et des forces en présence, et ça ne risque pas d'aller en s'arrangeant puisque le récit de la chute des Heike passe par des luttes de pouvoirs, des batailles épiques, des mariages arrangés et qu'il va falloir que Yoshida rende ça digeste. Dans l'immédiat ça reste un début solide qui, si bien fichu, peut amener à l'un des meilleurs anime de l'année.


Alain Broutta
Note :

Malgré son démarrage anticipé en septembre, nous ne pouvions pas faire l'impasse sur The Heike Story dans notre sélection de l'automne 2021. Pourquoi ? Déjà, parce que c'est la nouvelle production de Science SARU, et ça ne se refuse jamais ! Après Tokyo Sinks 2020 et ses retours critiques en demi-teinte, on espère que le studio saura nous emmener vers les sommets que furent (en restant sur le petit écran) DEVILMAN crybaby et Eizouken ! Mais aussi parce que, pour une fois, ce n'est pas Masaaki Yuasa aux manettes : place à une réalisatrice tout aussi talentueuse, Naoko Yamada ! Après son travail sur K-ON!! et Sound! Euphonium, elle s'est également laissée tenter par le grand écran avec les films A Silent Voice et Liz & l'oiseau bleu, le tout ayant été produit au sein de Kyoto Animation. Suite au drame qui a frappé le studio en 2019, nous sommes heureux de voir cette artiste revenir sur le devant de la scène, au sein de Science SARU qui devrait lui laisser toute latitude pour exprimer son talent. Et pour son retour, le choix s'est porté sur l'adaptation d'un classique de la littérature japonaise. Heike Monogatari, traduit en France sous le titre Le dit des Heike, est à l'origine un récit de tradition orale, retranscrit sous forme littéraire au 14e siècle. L'anime se base sur une retranscription plus récente signée par l'écrivain Hideo Furukawa, qui a également réadaptée le récit INU-OH, la base du prochain film de... Masaaki Yuasa. Tout se recoupe !

La scénariste Reiko Yoshida, partenaire de travail de Naoko Yamada depuis K-ON!!, adapte l'histoire pour cette version animée, qui constitue son premier portage à la télévision. Ce récit est une chronique de la guerre Genpei (12e siècle) entre les clans Minamoto et Taira. Mais l'histoire est ici racontée au travers du regard vairon d'une jeune fille nommée Biwa, élevée comme un garçon par son père, un moine conteur itinérant (une référence directe à la diffusion du récit lui-même). Mais suite à la mort de ce dernier, exécuté pour corriger une faute qu'elle avait commise, Biwa est recueillie par Shigemori, l'héritier du puissant clan Taira, qui règne sur la province d'Aki. Tous deux partagent des dons psychiques : l'une voit l'avenir, l'autre les esprits défunts. Tandis que Biwa s'intègre avec quelques chamailleries à sa fratrie d'adoption, l'un de ses frères provoque un incident diplomatique avec le régent de l'Empereur. Mais plutôt que de choisir la voie du pardon, Kiyomori, père de Shigemori et patriarche des Taiga, y voit une occasion de se rebeller face au pouvoir…

Ainsi s'ouvre une fresque historique qui s'annonce très ambitieuse, tant au point du vue du contexte historique que de ses personnages, et l'on aura tôt fait de s'y perdre pour peu que l'on regarde la série d'un œil déconcentré. Heureusement, notre attention est pleinement retenue par la qualité de la réalisation, de la direction artistique ou encore du chara-design signé par la mangaka Fumiko Takano. Bref, rassemblez-vous autour du feu, asseyez-vous et laissez vous porter par cette chronique d'un temps lointain…


Pa Ming Chiu
Note :

Une jeune fille du nom de Biwa et son père sont pris à parti par des porte-sabres des Heike. Biwa s'étant risquée à une remarque à leur encontre, son père en paie le prix fort et est exécuté sous ses yeux.
Contre toute attente, elle finit par être recueillie par un seigneur du même clan, Shigemori du clan Taira, qui regrette le geste malheureux de ses hommes. Shigemori a un étrange pouvoir et peut voir les morts, mais Biwa a une capacité encore plus incroyable : elle peut voir le futur. L'enfant prophétisant la destruction prochaine de son clan, Shigemori souhaite qu'elle l'aide à éviter éviter ce drame.

Le Dit des Heike (Heike Monogatari) est une chronique en prose narrant la guerre entre les clans Taira et Minamoto pour le contrôle du Japon au XIIe siècle. Ces poèmes recueillis de la tradition orale sont des classiques de la littérature classique japonaise, et outre leur intérêt historique, ils ont aussi une portée moraliste avec de nombreuses thématiques bouddhiques.
Cette adaptation en anime est une production de Science SARU, le studio de Masaaki Yuasa et Eunyoung Choi (DEVILMAN crybaby, Night is Short, Walk On Girl, Lou et l'Île aux sirènes, Ride Your Wave, etc.), mais Yuasa n'est pas à la réalisation cette fois, et celle-ci est confiée à Naoka Yamada (A Silent Voice, Liz & l'oiseau bleu, K-ON!!!, etc.) du studio Kyoto Animation.
On retrouve toutefois bien la patte typique de Science SARU et ce principe d'avoir principalement des couleurs en aplats et peu d'ombres sur les personnages pour favoriser un trait vivant et la souplesse d'animation. Il ne faut toutefois pas croire que le résultat est pour autant simpliste et c'est au contraire très graphique. Les décors sont également picturaux à souhait et ont une texture de papier à gros grain qui leur confère un agréable effet aquarellé. Rien à redire non plus sur la mise en scène de la talentueuse réalisatrice, personnelle (notamment dans son goût prononcé pour les jeux de cadrage), inspirée et poétique.
Musicalement, The Heike Story n'a pas peur aussi de jouer la carte de l'anachronisme et de proposer à un moment un morceau rock dans sa B.O., un opening pop (l'excellente chanson Hikaru Toki de hitsujibungaku) et un ending en rap, un décalage qui rappelle un peu Samurai Champloo. L'alchimie entre tous ces éléments fonctionne en tout cas parfaitement et il en résulte un premier épisode enthousiasmant et particulièrement prometteur pour la suite.


EmmaNouba
Note :

Un enfant et son père aveugle sont sur les bords d'une route de terre. Débarquent alors des hommes en rouge : les épieurs des Heike. Tous les gens s'écartent, terrorisés. Dans ce Japon médiéval, le clan dominant est implacable : tous ceux qui médisent de lui sont saisis par ces guerriers pourpres. Ils n'ont aucune pitié. Alors que l'enfant ose une réflexion, son père, malgré ses excuses, est décapité devant ses yeux. Et voilà comment débute cette merveille qu'est The Heike Story, un anime d'un graphisme sidérant, magnifique, avec un trait très épuré, proche des estampes anciennes.
Dès les premières images, on est captivé par cet être aux yeux vairons. On sent qu'ils ne sont pas prêts de quitter notre esprit.
On est ensuite transporté chez les Heike : le maître reçoit après avoir été souffrant et offre un banquet à ses vassaux. Lors de ses salutations, son frère fait l'état des lieux du clan : il est à son apogée. Les forces en présence sont alors présentées avec les principaux lieutenants du chef. Le conseiller le plus proche n'est autre que le « barbant » Shigemori, très sobre et sérieux, il lui confie la gouvernance. Il a décidé de se retirer à Fukuhara et de domestiquer la mer. C'est la seule voie pour renforcer son pouvoir. Fils d'un guerrier, Shigemori n'est pas comme les autres, il n'aurait jamais dû accéder à son poste. Par sa naissance. Quand il découvre l'enfant dans sa propriété, il lui prédit sa fin. Tous deux ont un point commun, l'un voit les défunts, le second l'avenir. C'est ainsi qu'il comprend ce qui a été fait au père de l'enfant, et en échange, il décide de lui offrir l'asile. Et c'est là que l'on découvre que c'est une jeune fille. Une fois décrassée, elle devrait devenir visible, mais la miss refuse d'être affublée de vêtements de fille et n'entend pas être dressée. Une fois rassasiée, elle daigne se présenter : Biwa. Il lui propose un deal, un échange. Elle regarde l'avenir, et il prend soin d'elle. Elle est alors intégrée dans le groupe de ses propres enfants.
Très vite, l'ambiance part à la bagarre entre les plus jeunes. Peu à peu, elle trouve sa place et commence à se détendre… mais elle doit rester sur le qui-vive car avec le maître du clan de Heike tout peut partir en vrille très vite…

Tout droit sorti des studios Science SARU (Eizouken), et réalisé par Naoko Yamada (A Silent Voice), The Heike Story est l'adaptation d'un texte de tradition orale populaire au Japon et parfaitement inconnu dans nos contrées. Ce récit traditionnel est agrémenté d'un chara-design signé par Fumiko Takano, une artiste très rare et qui n'a signé que peu de titres en une carrière pourtant longue. On va y parler vengeance, destinée et pouvoirs de divination, cela sent la saga historique comme on les adore. Les deux protagonistes, Biwa et Shigemori, ont comme points communs de ne pas faire partie du clan de Heike et d'être dotés d'une particularité, d'un pouvoir qui peut les sauver. On se réjouit de voir comment leur pacte de non-agression va évoluer.


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