Le guide des anime de l'automne 2019
Africa Salaryman

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Africa Salaryman ?
Note de la communauté : 2.5



Qu'est-ce que c'est ?

Cette comédie conte les aventures épiques d'animaux de la savane à la merci d'une entreprise japonaise. Un lion, un toucan et un lézard, employés d'une grosse entreprise découvrent le quotidien de la société japonaise, aussi excentrique qu'impitoyable. Projets imposés, baisses de salaire hallucinantes… C'est le terrible quotidien qui attend nos trois animaux, à qui l'on rend la vie encore plus difficile qu'aux hommes, ce qui va leur attirer la sympathie des salariés de tout le pays. Suivez le quotidien de ces employés hors du commun, qui vivent bien loin de la savane et de la chaîne alimentaire. Africa Salaryman est diffusé le dimanche à 12 h 30.

Comment était le premier épisode ?

Damien Hilaire

Note :

Il semblerait que la vie en entreprise est inscrite dans le sang des Japonais, ces dernières années nous avons déjà eu l'énorme succès d'Aggretsuko sur le même thème, voilà qu'arrive Africa Salaryman, l'adaptation du manga à succès éponyme de Gamu.
Sortez votre meilleur costume cravate, n'oubliez pas votre attaché-case et votre panier repas, vous voilà dans le monde merveilleux du capitalisme nippon et de son microcosme social.

Trois personnages principaux, un lion, un toucan et un lézard, bossent ensemble dans la même boite comme employé moyen. Que fait la boîte ? On l'ignore, on suit les aventures de bureaux de ces trois loustics entre Monsieur Lion qui est le senpai d'un lézard tout en mesure et d'un toucan insupportable avec tous les défauts du monde (dont la voix de Zen'itsu dans Demon Slayer, autant dire que quand il gueule vous allez l'adorer). Pas de véritable trame, plutôt des saynètes de leur vie quotidienne, agrémentées d'un humour… sauvage.

La première suit le Lion du réveil jusqu'à son bureau, le trajet métro boulot jusqu'à l'arrivée de ses collègues à l'écran, qui en ont une bien bonne à lui raconter.
On est sur de la comédie pour adultes ancrant les personnages dans un monde anthropomorphique dont les repères réels sont bien terre à terre. L'humour fait assez facilement mouche notamment à cause de Toucan qui est la pire des saloperies, à faire des sales coups dans le dos de ses camarades, ce qui le mène parfois à des situations délicates, son duo avec Lézard rappelle un peu le manzai, ces duos comiques nippons avec un personnage sérieux et un autre complètement débile. Quant à Lion finalement sur ce premier épisode il était un personnage plutôt effacé pour ne pas dire second rôle dans sa propre série ce qui est assez étrange. Dans d'autres titres récents de comédie au travail comme Skull-face Bookseller Honda-san, il y avait une construction identique avec un épisode morcelé en plusieurs bouts mais chaque personnage (qui étaient plus nombreux dès le départ) avait une place identique dans le récit à l'exception de Honda, qui faisait office de référent pour le spectateur et était toujours au centre des interactions avec les autres.
Après c'est un début donc ça peut aussi évoluer, de toute façon ça n'est pas vraiment dérangeant. Par contre l'animation l'est un peu plus. Confiée à HOTZIPANG (que personne ne connaît car c'est leur première production), la série est réalisée par Tetsuya Tatamitani qui cumule directeur de l'animation, directeur artistique, décor, color design et directeur de la photographie. Autant dire qu'ils sont les doigts d'une main pour faire la série et ça se sent, Kemono Friends et TATSUKI ont dû les inspirer.
Le titre alternant maladroitement entre passages 2D et images de synthèse approximatives, faut être honnête, Africa Salaryman c'est pas super beau. C'est rigolo, mais c'est pas joli. Alors faut pas être mauvaise langue non plus, y'a des moments sympa, ça ose des smears par moment mais c'est trop rare pour être notable. Le gros du taf est réalisé par la performance des seiyû et l'animation n'est qu'un support pour l'imager, ils auraient été en costume à faire les mêmes choses en live on aurait pas vu la différence.
Mais hé, Kemono Friends aussi c'était moche et fauché, et ça a cartonné, alors peut-être qu'ils ont trouvé un filon ? D'autant qu'ils ont de gros nom à l'affiche donc ça se tente. La série reste à réserver aux amateur de comédie pas rebuté par la forme.


Pa Ming Chiu

Note :

En matière d'humour surréaliste, la pop culture japonaise est loin d'être à la traîne et ce n'est pas Africa Salaryman qui va démentir cette réputation !

A l'instar de la série BoJack Horseman, on a ici une peinture de notre société contemporaine avec des personnages anthropomorphes et un ton irrévérencieux. Comme le titre l'indique, on se penche en particulier sur les salarymen. Ce terme, propre au Japon, désigne les employés et cadres non dirigeants qui, dévoués corps et âmes à leurs entreprises, passent leur vie au bureau et ne sortent qu'entres collègues le soir pour décompresser et faire semblant de faire du team building… Véritable phénomène de société, les salarymen sont perçus de manière de plus en plus péjorative et les clichés autour d'eux sont malheureusement loin d'être de simples préjugés. Entre les nomikai (les soirées proposées par le boss, presque impossibles à refuser par les employés), les karoshi (les morts par excès de travail qui ringardisent nos bons vieux burn out), la haute fréquentation des bars à hôtesses en réponse à la solitude et à la difficulté à sociabiliser en dehors du bureau, ou encore les employés endormis dans le métro, harassés par le travail et/ou la beuverie post-travail, il y a largement de la matière pour en faire une série satirique.
Cela dit, Africa Salaryman n'est pas trop critique (pour l'instant ?) sur la condition même du salaryman, mais se met plutôt à la hauteur des personnages pour brosser des portraits. On suit donc ici Lion, le patron effrayant mais plutôt sympa en fait, Lézard, l'employé trop sérieux, et Toucan, le sale type opportuniste et pétri de manies insupportables, des portraits qui ne manquent pas d'une certaine tendresse pour les deux premiers ou d'un sévère mordant pour le dernier.

L'histoire n'a pas encore de véritable fil rouge mais s'attarde sur des petites saynètes, des tranches de vie d'un quotidien… à mourir de rire ! Versant tour à tour dans la parodie (Le Roi Lion, Neon Genesis Evangelion), le running gag, le comique de situation ou le décalage graphique, l'humour décomplexé, volontiers sale, méchant et absurde (et très japonais) fait invariablement mouche.
Visuellement, ce n'est pas l'extase à proprement parler, mais le propos et le genre n'en demandent pas plus (en témoigne le cas d'école South Park par exemple). Le style graphique est assez naïf mais agréable, et le côté kawaii et pastel crée un contraste d'autant plus drôle avec le ton potache et adulte. Et si l'animation est majoritairement dans une 3D assez peu élégante (plaquer un effet cel shading dessus ne suffit pas toujours à faire illusion), celle-ci passe parfois en 2D et devient même plus expérimentale à l'occasion de scènes délirantes.

Bref, Africa Salaryman ne fera certainement pas l'unanimité et c'est tant mieux. Cela n'en démontre que mieux son jusqu'au boutisme.

Dernier détail : N'oubliez pas de rester après le générique de fin !


EmmaNouba

Note :

Le meilleur dans Africa Salaryman ce sont les premières minutes, quand le lion rêve de grand espace, de safari… après on tombe dans du gros n'importe quoi et franchement, ça ne vole vraiment pas haut, ni au niveau histoire, ni au niveau graphique. Peut-être que cela éclate un public de regarder cela en allant bosser le matin… why not si on prend le côté mise en abîme. Mais on peut aussi totalement rester imperméable et juste se demander: mais pourquoi ? Bref, on aime ou pas, voire on irait presque jusqu'à détester, et sans se forcer, dis donc !
On a donc trois collègues de bureau improbables le Lion, le Toucan et le Lézard, tous trois en costard cravate. Le Toucan est un bourrin, fan de voiture et totalement pervers, avec la « douce » de Zen'itsu, incarnée par Hiro Shimono, qui interprète aussi l'opening.

Le concept est une succession de sketchs qui sont censés être drôles. Et c'est là que l'on perçoit les différences culturelles. Peut être que cela fait sourire le public ciblé mais là franchement, difficile de s'y faire. Entre les plans de drague bizarre de gamines, les retours d'habitude de la part animale (le lézard et son goût pour les mouches), le tout mêlé à des histoires de bureau, qui d'ailleurs soit dit en passant sont super grands et équipés de plein d'ordinateurs, mais occupés seulement par nos trois bestioles. Du coup, c'est un drôle de monde, où l'on ne croise pas grand monde. Et quand le Toucan se prend un râteau dans le métro par une petite lionne mineure, il la recroise aussi sec ! On comprend que le budget devait être serré mais là, c'est super cheap. Autant vous dire que ce n'est pas la grande rigolade, même si le comique de répétition, version gore (arrachage de queue du lézard) est tenté ! On n'y fait pas grand chose dans ces bureaux et on se demande bien comment la série va tenir sur une saison avec un fond aussi creux.
On ne peut pas dire que ce ne soit pas joliment dessiné, ni que les couleurs ne soient pas agréables, mais en fait, on reste quelque peu interloqué par cet anime, ce « truc » totalement improbable. Adaptation de strip dessiné et scénarisé depuis décembre 2014 par Gamu dans le Gene pixiv, il avait déjà eu droit à 10 ONA de 3 minutes. C'est OVNI est réalisé par Tetsuya Tatamini, plutôt connu pour des clips musicaux. Il est un peu homme orchestre car il a aussi les casquettes de directeur en chef de l'animation, de directeur artistique, de directeur de la photographie, de background artist et de color designer. Il est soutenu par HOTZIPANG à l'animation et design des personnages et des décors, de Yûichirô Momose au scénario et de Tako Yamaguchi à la composition musicale.

Un épisode vous fera tout de suite comprendre si vous adhérez ou pas. Autant dire que personnellement, un seul a été presque de trop, preuve que tous les goûts sont vraiment dans la nature !


Bruno De La Cruz

Note :

C'est avec une certaine curiosité que nous recevons l'adaptation animée d'Africa Salaryman. C'est typiquement le genre de production qui ne peut pas générer d'autre sentiment chez le spectateur, et que vous soyez au courant ou nom de ce que propose l'œuvre d'origine, on devine facilement que l'humour sera l'habit préféré du projet.
Dès lors, plaçons un mot sur l'origine de l'anime. Ainsi, on retrouve un auteur nommé Gamu un (une ?) auteur dont on ne sait pas grand-chose sinon qu'il avait signé un hentai en 2009 répondant au nom de Love Rina (je n'ai trouvé aucun visuel, je ne sais donc pas si filiation il y a avec le manga de Ken Akamatsu.

Contrairement à mes collègues qui peuvent aussi se consacrer au récit des séries chroniquées, je reste surtout attaché à mesurer la qualité technique des shows. Pourtant, je dois avouer que j'ai du mal à rire devant Africa Salaryman. Ca se veut impolitiquement correct, osé, volontairement grossier, mais on voit tellement les gags venir que c'est peu intéressant.
Niveau production, et comme souvent avec ce type de projet, c'est un nouveau studio qui est lancé et avec un homme à tout faire : HOTZIPANG et Tetsuya Tatamitani. Le premier nom est donc une structure nouvelle. Enfin, nouvelle en matière d'anime puisqu'elle a vu le jour en 2016 et qu'elle propose aussi ses services dans le monde de la musique, réalisant par exemple un clip de MIYAVI il y a quelques mois. D'ailleurs, son site internet liste Angolmois, le live de Chihayafuru et My Girlfriend is a Gal dans sa case animation (ca sent la giga sous-traitance ou le petit morceau produit mais ca compte).

Et la passerelle est toute trouvé puisque si Tetsuya Tatamitani est lui aussi à sa première expérience dans le monde de l'animation (dans le sens diffusé en tant que programme jeunesse) il a déjà été à la direction de projet et notamment dans la musique ! Tatamitani est un salarié de HOTZIPANG et on a vu son nom sur le clip Love in Ruins de Gryffin. En farfouillant encore un peu, on trouve trace d'une chaîne Vimeo à son nom (avec une photo) et, sous réserve d'un homonyme, on y voir plusieurs vidéos de FX. Par exemple, il reprend un sample de Pharell Williams et y dessine des effets (des onomatopées, des mots qui changent de forme ,etc.). Je n'ai pas vu pareilles choses dans ce premier épisodes d'Africa Salaryman mais ce sera à suivre.

Tout ça pour quel résultat ? Je crois que c'est assez convaincant. La formule propose 2D et 3D, dans un mélange qu'elle ne cherche pas à homogénéiser coûte que coûte. L'aspect un peu délétère du graphisme doit faire partie de l'aspect très foufou du propos. Chaque épisode étant lui-même découpé en plusieurs sketch, le programme passe du coq à l'âne en permanence, et ce déséquilibre graphique s'inscrit dans la veine d'une série pensée pour nous bousculer. Ce n'est pas ma came, mais si on prend en compte qu'il s'agit du premier projet TV d'un “nouveau” réalisateur, alors jetons-y un œil.

Nous parlerons casting et staff une autre fois puisque je suis chargé de suivre la série sur ANN !


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