Le guide des anime de l'automne 2021
Muv-Luv Alternative

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Muv-Luv Alternative ?
Note de la communauté : 3.6



Qu'est-ce que c'est ?

Pendant plusieurs décennies, l'humanité a mené une guerre contre les BETA, des envahisseurs extraterrestres, en utilisant des machines de combat humanoïdes appelées Tactical Surface Fighters. Cette histoire raconte comment les hommes vivent et meurent pour éviter leur extinction...

Muv-Luv Alternative est diffusé sur Crunchyroll le mercredi à 18 h 25.


Comment était le premier épisode ?

Damien Hilaire
Note :

Adapter un classique du jeux vidéo en commençant par la fin il fallait oser ! Muv-Luv c'est une trilogie légendaire, trois jeux intimement liés où nous suivons un héros de sa vie de lycéen ordinaire jusqu'à son enrôlement dans l'armée pour sauver le monde à bords de mecha géants. C'est le titre qui a inspiré Isayama pour Shingeki no Kyojin et effectivement nous pouvons y voir certains points communs.
La série est produite non pas par un ni deux mais bien trois studios, à savoir Graphinica, Yumeta Company et Flagship Line. Si vous n'avez jamais entendu parler du dernier, c'est normal, ils sont tout récents, il y a un projet de film pour novembre de cette année mais c'est tout. Graphinica nous commençons à bien les connaître et Yumeta Company est le studio derrière le dernier film Digimon, Last Evolution Kizuna que nous vous conseillons. À la réalisation de Muv-Luv Alternative, Yukio Nishimoto, qui est surtout storyboarder même si nous lui devons The Galaxy Railways (un spin-off de Galaxy Express 999), l'adaptation est confiée à Tatsuhiko Urahata, qui s'occupe de Baki pour Netflix mais qui s'était surtout occupé de Sakura Wars the Animation (oui, le dernier), ce qui a de quoi faire grincer des dents. Pour finir, le studio s'offre le populaire Evan Call pour la musique, qui s'occupait déjà de Schwarzes Marken, préquel à l'histoire de Muv-Luv. Car ce n'est pas la première fois que la licence est adaptée ! Il y a pas loin de dix ans maintenant, Muv-Luv Alternative s'était vue sortir sous forme de spin-off avec Muv-Luv Alternative: Total Eclipse dont Schwarzes Marken est le préquel. Cette fois c'est une adaptation frontale alors voyons de quoi il retourne.

Le 19 avril 1973, un vaisseau d'envahisseurs venus d'ailleurs se crashe sur Terre avec l'objectif avoué de nous exterminer. Dépassée, l'humanité est réduite à 1/7 de sa population actuelle. Alors que les BETA avancent sur le continent eurasiatique, les Japonais résistent à une invasion venue du sud. Cachés derrière d'énormes murs, ils surveillent la dernière ligne de défense du pays.
Nous sommes en 1998 et Sayoko Komaki, est une jeune sous-lieutenant de l'armée impériale nippone envoyée en renfort sur la zone sensible. Elle a déjà eu son baptême du feu et l'événement l'a marquée pour toujours, mais ce qu'elle va vivre ce jour-là dépasse tout ce qu'elle a pu voir et imaginer jusqu'alors.

Hardcore ! Les BETA, ils sont pas là pour enfiler des perles ! Dans le genre cauchemar de l'humanité ils sont top niveau ! Le côté adaptatif des bestioles rappelle Starship Troopers où les créatures avaient plusieurs versions ayant une utilité différente en situation de combat. Les BETA sont catégorisés en différentes classes toutes plus immondes les unes que les autres, et je ne parle pas de leurs couleurs flashy (et discutables).
Ce premier épisode est une bonne grosse boucherie, qui mène à une pantalonnade sévère. Là où c'est risqué c'est que cette mise en bouche est un inédit, ces événements ne sont pas montrés dans le jeu original, il faut voir comment ça sera collé à l'intrigue principale par la suite. Sur ce premier épisode nous pouvons déjà dire que ça va être plutôt gore, les mecha sont en CGI mais c'est fait proprement, les combats sont lisibles et les designs simples et fonctionnels, dans le pur style real robot. Maintenant faut que cette ambiance, relevée par un rock nerveux sur l'action et des chœurs mélancoliques sur les moments de sacrifices, tienne tout le long de la série.


Alain Broutta
Note :

Muv-Luv. En voilà une licence pour otaku bien vénère, un projet bordélique comme seul le Japon est capable d'en produire. C'est à l'origine d'un visual novel, tendance eroge (jeu érotique), produit par le studio Age. Lui-même spin-off d'un autre jeu de la firme, son univers se compose d'une dizaine de jeux au cours des années 2000, cadrée par trois opus principaux : Extra, Unlimited et Alternative. D'une comédie romantique gentillette ponctuée d'érotisme, la licence a basculé à un moment de son histoire vers une invasion alien et la résistance militaire avec des mecha, pour la plupart pilotés par des jeunes femmes. C'est bon, vous avez rempli votre bingo ? Bien sûr, la série a connu bien des déclinaisons en manga et en anime, dont on ne saurait faire ici l'inventaire. Muv-Luv Alternative, adaptation du “magnum opus” de la saga selon les fans, en est donc le dernier représentant. Sa diffusion a débuté en octobre dans le créneau +Ultra de Fuji TV, aux côtés de The Heike Story, soit une cohabitation étrange entre deux productions opposées à l'extrême, tant en termes d'histoire que de qualité...

Outre la fondation du Parti Socialiste portuguais, le 19 avril 1973 a été marqué par l'arrivée d'un vaisseau extraterrestre sur Terre. À son bord, des envahisseurs, surnommés BETA, qui réduisirent en quelques décennies la population terrestre à un milliard d'habitants. Pour lutter contre eux, les survivants ont conçu des unités mobiles nommées TSF. En 1998, l'Empire du Japon (oui, oui, l'Empire… j'y reviendrai) est envahi à son tour par les BETA. Notre histoire débute sur l'île de Sado, là où la résistance nippone s'organise. Mais celle-ci est composée essentiellement de jeunes recrues inexpérimentées, qui n'auront que peu de temps pour s'entraîner… les BETA sont déjà à leurs portes ! Après une courte phase d'exposition, ce premier épisode ne perd pas de temps et nous immerge directement dans une première bataille de grande envergure. Et tant pis si nous avons à peine eu le temps de connaître les personnages : de toute façon, il ne va pas falloir beaucoup s'y attacher !

Dans ses premières minutes, Muv-Luv Alternative nous fait l'effet d'une série hors du temps. Ses animations figées et ses travellings à répétition nous renvoient au milieu des productions de la fin des années 2000, au point que l'on se demande s'il ne s'agit pas d'une note d'intention du réalisateur, Yukio Nishimoto (Galaxy Railways, Najica…). Mais l'on est bien vite contredit par l'intégration massive d'éléments 3D, mecha comme aliens. En vérité, Muv-Luv bouffe surtout à tous les râteliers, avec un plagiat évident sur L'Attaque des Titans. Et si pour l'instant, le fan service reste très léger, la beauferie ambiante est rattrapée par un déluge de sang et de gore assez grossier. Enfin, le sens du sacrifice des personnages est gâché par l'ambiance nauséabonde d'une nostalgie impériale et militariste, glorifiant ses héros face aux envahisseurs occidentaux. Quoiqu'il en soit, cet épisode pilote reste auto-conclusif, alors autant arrêter les frais tout de suite.


Pa Ming
Note :

Le 19 avril 1973, une capsule extraterrestre atterrit sur notre planète et l'humanité entre ainsi en guerre contre les créatures qu'elle cache en son sein, les BETA. Guerre si intense que seul un milliard d'humains y survivent. Afin de repousser les envahisseurs, des machines de combat humanoïdes sont créées, les Tactical Surface Fighters, ou TSF pour les intimes.
En juillet 1998, les BETA s'attaquent au Japon en s'emparant du nord de Kyûshû et de la région de Chûgoku. Ils finissent par faire tomber Kyoto, la capitale impériale, le 15 août. Leur conquête, qui progresse ensuite vers l'est, semble inexorable, et si ils réussissent à prendre Niigata, les régions montagneuses de Gunma et Nagano puis la plaine du Kantô, ils arriveront alors à Tokyo et ce sera la fin pour le pays qui n'aura plus de dirigeants.
C'est dans ce contexte troublé que la sous-lieutenant Sayoko Komaki intègre le 3e bataillon réserviste de pilotes de TSF du QG de Sado. Cette île fortifiée qui protège un détroit et prévient l'invasion par la mer est le dernier rempart avant la plaine du Kantô…

On est ici dans du pur real robot ! A l'inverse du Super Robot, pas de robot géant iconique aux couleurs chatoyantes ni de sentiments exacerbés d'un jeune héros adolescent énervé pour débloquer ses attaques les plus surnaturelles, mais, à l'instar de Mobile Suit Gundam (la série originelle), des « mobile armors » militairement corrects (comprendre ici gris-verts et avec des flingues) et aux rôles uniquement fonctionnels. Des tanks sur pattes quoi.
Gageons toutefois que leur mecha-designs n'en sont pas moins bien travaillés. Edgy mais pas trop, ces derniers font fantasmer tout en restant crédibles.
A propos de fantasmes, rappelant les origines vidéoludiques de la licence (des visual novels eroge à la base), les characters designs moe feront plaisir aux amateurs du genre... et laisseront les autres de marbre qui n'y verront que stéréotypes éculés (oppai megane).

En matière d'animation, pas de quoi crier au génie non plus mais c'est propre et bien mis en scène. La 3D des créatures et des mecha a le bon goût de se faire plutôt discrète. En fait, on s'intéressera surtout ici au ton employé : plutôt sérieux, ce premier épisode n'hésite pas à basculer d'entrée de jeu dans l'ultraviolence et le le dramatique. Même s'il est question de robots et monstres géants, on a une vision de la guerre qui se veut réaliste, crue et désespérée à l'instar du manga Front Mission: Dog Life and Dog Style par exemple.


EmmaNouba
Note :

15 septembre 1998. Aux abords d'une île de Sado, une jeune femme débarque. Son but est simple : intégrer le 3e bataillon réserviste de TSF du QG de la base de Sado. La sous-lieutenant Sayoko Komaki n'est pas une bleue, elle a déjà été au combat. Elle a vu tomber aux mains de l'ennemi la base de Sado. Dans ce monde alternatif, le 19 avril 1973, une capsule venue de la Lune a vu arriver des êtres extraterrestres, les Beta. Pas du tout amicaux, ils ont commencé à attaquer le monde, et bien sûr, grignoter petit à petit le Japon. Notre héroïne est bien décidée à les empêcher de nuire.
Avec son nouveau binôme, Kusano, elle découvre déjà les lieux. On comprend rapidement que tous ses amis sont morts et que la jeune femme est quelque peu remontée contre les Beta. Sa nouvelle mission est de taille : faire en sorte que la région ne tombe pas face à ces monstres. Même si elle est menacée, quelques civils n'ont pas voulu partir, cela affaiblit la défense militaire. C'est alors que les Beta attaquent la fameuse base. Pour contrer ces aliens, les hommes ont fabriqué des TSF, des robots géants. Le combat est bien inégal… Quand apparaissent des monstres dits « classe Fort », c'est la panique. On découvre que le monde actuel repose sur une alliance peu fiable entre les nations. Les soldats dans leur TSF sont seuls face à ces monstres, une sorte de mélange de gros vers géants, bien flippants (malgré une 3D qui franchement laisse à désirer et semble sortir aussi des vieux placards des créateurs) …

Avec cet anime, on plonge dans les années 1990, non seulement dans le récit, mais aussi dans le graphisme vraiment old school, inspiré du light novel de Hirohiko Yoshida, lui-même adapté d'une série de jeu vidéo débutée en 1999. Le chara-design de Yumiko Hara (B-PROJECT: Zecchô Emotion) ne peut empêcher cette impression de déjà vue, avec des personnages féminins à forte poitrine, engoncées dans des uniformes serrés. Le récit adapté par une ribambelle de scénaristes dont Kanako Nakata pour le premier épisode est un classique combat entre humains et extraterrestres. Si l'on n'est pas amateur de séries de guerre et de mecha en mode exosquelettes géants, on n'y trouvera pas son compte d'autant que l'animation n'est pas très agréable, peu fluide et assez datée. Et pourtant quand on consulte la liste des personnes intervenant sur cette série, elle est impressionnante, par sa longueur. Entre les multiples scénaristes mais aussi les réalisateurs, puisque chaque épisode a le sien (sur 26, cela en fait du monde), ou encore les intervenants en CGI, on ne peut que regretter que le résultat soit si passable. Rarement on aura vu un staff aussi nombreux sur une production. On ne peut que souligner que le studio aura mis les petits plats dans les grands pour cet opus qui se déroule 15 ans après l'arrivée des Beta. Las, outre si l'on est amateur du genre et de la série de jeux Muv-Luv, cette série n'a que peu d'intérêt. D'autant que, coup de théâtre, du premier épisode, on sait déjà que la Japon est perdu et que notre héroïne va encore voir mourir ses collègues… A suivre si vous aimez les monstres, les robots et les années 1990 !


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