Le guide des anime de l'automne 2021
Blue Period
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Blue Period ?
Note de la communauté : 4.2
Qu'est-ce que c'est ?
Subjugué par un tableau, Yatora Yaguchi, un lycéen populaire qui s'ennuie ferme, plonge à cœur perdu dans le monde magnifique mais implacable de l'art.
Blue Period est diffusé sur Netflix le samedi à 09 h 01.
Comment était le premier épisode ?
Damien Hilaire
Note :
Blue Period c'est le manga qui te parle de dépression et de recherche de soi autant qu'il te parle d'art et de sa quête du beau.
Sorti chez Pika en France, le titre de Tsubasa Yamaguchi est une vraie réussite qui met de sacrées claques. Forcément il allait tôt ou tard être adapté et c'est maintenant chose faite par un studio que nous n'attendions pas sur ce terrain. En effet Seven Arcs est plutôt habitué à des œuvres plus orientées otaku, c'est la maison de la saga Nanoha ou de Trinity Seven. Toutefois, voilà un an que la boîte a amorcé un virage vers des œuvres plus sérieuses. Si l'an dernier elle s'illustrait sur Tonikaku Kawaii, elle était également sur l'adaptation d'Arte, ce qui est plus proche de Blue Period que le premier. Deux séries sur l'art conduites par un studio habitué aux productions légères de romcom et de fan service, voilà qui est intrigant.
À la réalisation, encore plus étonnant, Katsuya Asano, réalisateur d'une unique autre série qui n'a rien à voir Yu-Gi-Oh! VRAINS. Cela peut expliquer qu'il soit supervisé par Koji Masunari, réalisateur des deux saisons de Magi. Si ça ne vous rassure pas, sachez qu'au scénario nous retrouvons la très grande Reiko Yoshida dont vous pouvez admirer le travail sur The Heike Story cette saison également ! Une fois n'est pas coutume, Blue Period est diffusé sur Netflix et si nous en parlons c'est parce que cette fois ça sera diffusé à un rythme hebdomadaire ! Netflix a fini par plier et commence à faire du simulcast. Avec deux semaines de retard sur la parution japonaise mais qu'importe.
Yatora est un lycéen comme les autres. Il est bon à l'école parce qu'il bûche, mais ça ne l'empêche pas d'être dissipé et un brin voyou et de sortir en soirée avec ses amis. Mais est-ce que ce qu'il fait est un acte délibéré et voulu ou un acte conscient de mimétisme pour plaire à son groupe social ? En réalité, Yatora est perdu. Il ne voit rien pour le sortir de son existence finalement bien morne. Il ne se passionne pour rien, cherche à avoir une vie simple et stable en suivant une filière basique. Mais un jour tout ça lui revient à la figure quand il tombe nez à nez avec une peinture posée au milieu de la salle d'art. Et s'il prenait un autre chemin ? La vie ne vaudra-t-elle pas plus le coup s'il se bat pour quelque chose à laquelle il a envie de donner son temps ? Yatora choisit pour la première fois de sa vie d'aller à contre-courant et contre tout ce en quoi il pensait croire en suivant ses désirs. Il n'y connaît rien, mais il va se mettre au dessin et à la peinture.
Blue Period est un anime original à plus d'un titre. Ce qui marque déjà c'est que le héros n'est pas un génie. Nous sommes abreuvés de génies, là c'est un pur débutant, il part de rien et il va devoir apprendre tout ce qu'il ne sait pas et découvrir tout un univers auquel il n'a jamais touché, c'est l'ouverture à une sensibilité nouvelle qui sur ce premier épisode est bien mis en avant par la scène de Shibuya où Yatora se perd dans un rêve là où ses amis restent les pieds au sol.
Excellent premier épisode qui est hélas entaché par la diffusion Netflix dont l'image propose quelques défauts et un sous-titrage bancal. Espérons que ça se réglera par la suite.
Note :
Yatora est un lycéen en apparence tout ce qu'il y a de plus épanoui et équilibré. Il travaille dur et a de bonnes notes, mais sait aussi se détendre et profiter de la vie grâce à une bande d'amis fidèles avec qui il aime traîner et regarder le foot. Pourtant, il lui manque quelque chose qu'il n'arrive pas à définir et se demande parfois si ce qu'il ressent est vraiment sincère.
Se rapprochant par hasard du club d'art, il se découvre un goût inattendu pour la peinture et le dessin. L'art lui permet enfin d'exprimer ce qu'il a au fond de lui et de se sentir vivant. Il prend alors la décision de rejoindre une école d'art après le lycée, mais ses options sont pour le moins limitées. Ses parents ne peuvent se permettre de lui payer une école privée et il n'a pas d'autres choix que de viser la prestigieuse TUA dont la sélection est particulièrement difficile, avec une moyenne de 0,5 % d'acceptation par an… !
Très beau sujet que la découverte du dessin et de l'art. Les « immersions » du personnage principal dans les œuvres sont plus sages et moins inspirées que celles de Keep Your Hands Off Eizouken!. Mais peu importe en fait, le sujet n'étant pas traité sous le même angle. Et ce n'est qu'un premier épisode donc attendons de voir si cet effet de mise en scène devient récurrent ou pas.
En matière d'écriture, c'est en tout cas très efficace. Contrairement à beaucoup de shônen, le héros n'est pas du tout un génie qui s'ignore de la discipline mais un vrai débutant qui va devoir rattraper son retard avec beaucoup de travail et de passion. Ainsi, l'évolution de Yatora sonne juste, avec ses introspections, la mise en avant d'une sensibilité contrariée, sa fascination pour les peintures des autres, la découverte du fait qu'il a quand même un certain œil, les premiers compliments sur son travail qui entretiennent la flamme de la créativité et ses premières frustrations techniques avec notamment ses difficultés en perspective (le cauchemar de tous les dessinateurs débutants).
L'œuvre confirme aussi sa modernité avec un personnage secondaire transgenre (ou plutôt au genre totalement indéfini), ce qui assez rare dans la pop culture nippone (on pense aussi à Kainé de NieR Replicant mais les exemples se comptent sur les doigts de la main).
Note :
Au tout début de l'année 2021, les lecteurs français ont pu découvrir aux éditions Pika le manga Blue Period. Ce récit initiatique sur l'art et la peinture, publié au Japon depuis 2017, était très attendu par une partie du lectorat, et a été une belle surprise pour les autres. Cet automne, c'est la plateforme Netflix qui passe une seconde couche de peinture en nous proposant son adaptation animée, pour s'ouvrir à un nouveau public. Notons d'ailleurs que, pour l'occasion, la célèbre plateforme se met au simulcast avec un épisode par semaine, à l'opposé de son système d'attente d'une série intégrale. Nous pouvons ainsi rester au plus près de la diffusion japonaise, bien que cette dernière ait commencé avec deux semaines d'avance sur le reste du monde.
Le manga de Tsubasa Yamaguchi nous fait suivre un jeune lycéen du nom de Yatora Yaguchi. Soucieux d'être dans la norme, le jeune homme redouble d'efforts pour réussir ses études et en sort avec des résultats plutôt impressionnants, tout en gardant du temps pour ses loisirs avec son cercle d'amis. Pour autant, tout ceci n'est qu'un passe-temps pour lui, et ce qui l'amusait jusqu'alors commence à le lasser profondément. C'est au beau milieu de cette crise identitaire que Yatora fait sa rencontre avec l'art, restant bouche bée face à une toile réalisée au sein du club d'art de son lycée. Aussi, dans le cadre d'un exercice de son cours d'arts plastiques, le jeune homme commence à percevoir la dimension artistique du monde qui l'entoure, et y découvre un moyen de communiquer directement avec les autres, au-delà des convenances sociales. Cependant, Yatora doit aussi penser à son avenir : s'engagera-t-il vers une voie artistique dont les débouchés professionnels restent mineurs ?
Publié dans le magazine seinen de Kodansha, Blue Period reprend à sa façon des ingrédients du shônen initiatique, entre apprentissage, entraînements et accomplissements, les concours supplantant les tournois. Cependant, le récit dispose aussi d'une profonde composante humaine, qui illustre à merveille le mal-être adolescent. Bien loin des stéréotypes dans lesquels s'engouffrent encore bien trop de séries, le manga expose un regard différent sur la jeunesse japonaise, notamment au travers du personnage de Ryûji/Yuka. Elle expose aussi la difficulté pour cette jeunesse de sortir des modèles et des parcours de vie pour lesquels ils sont façonnés dès le plus jeune âge, et cette aspiration à sortir des sentiers battus.
Les deux premiers chapitres du manga sont condensés dans le premier épisode de cette adaptation animée, dirigée par Koji Masunari (Read or Die, Magi) au sein du studio Seven Arcs. Hélas, le résultat n'est pas pleinement à la hauteur de nos attentes : si la qualité graphique est appréciable, l'animation reste assez figée, et malgré les raccourcis, le rythme de l'épisode est inégal. La musique, elle aussi, est quasiment absente : seule une courte partition de free jazz soulignant le vertige artistique de Yatora nous sort de notre torpeur. Bref, à choisir, préférez largement le support d'origine !
Note :
Bon élève, Yatora Yaguchi est un garçon un peu torturé, quelque peu déprimé, et peu sympathique au premier abord. Il est malgré tout super populaire, s'intéresse au foot, bref un adolescent presque banal. Fils d'une famille modeste, il donne tout dans son travail et ses copains le voient comme un génie, un peu narcissique. Pourtant son point fort est qu'il travaille énormément. Il ne veut pas décevoir ses parents. Malgré tout, il va prendre un chemin auquel il ne s'était pas destiné.
A une année de l'entrée à l'université, notre ami se prend de passion pour la peinture et va se lancer à corps perdu dans son nouveau hobby. Tout d'un coup, le vide qu'il avait l'impression d'avoir en lui en permanence s'est empli. L'art le porte et son moral s'améliore. Pour atteindre son objectif, et faire de son art son métier, il doit intégrer une école d'arts, il va lui falloir se donner à fond. La seule à laquelle il peut prétendre est celle de l'État, mais si les droits d'inscriptions sont faibles, le concours est extrêmement difficile. Heureusement, travailler ne fait pas peur à Yatora. Quand il a une idée ancrée en tête, il n'en démord pas. Il se décide à en parler à sa mère, même s'il sait très bien qu'elle va être déçue, voire angoissée par son choix, il doit savoir si elle le soutient. C'est plus fort que lui, il doit tenter sa chance, même si le taux de réussite à l'université des arts de Tokyo est de moins de 1% pour les lycéens le tentant pour la première fois. Qu'à cela ne tienne, et c'est tant mieux pour nous, car nous aussi prenons le même chemin que le héros et l'on prend plaisir à entendre les conseils de la professeure d'arts si fine et pédagogue. Tout son petit monde autour de ce lycée et de ses étudiants est bien apaisant, entre Yatora et son amie trans, pleine de vie, pétillante, empêchée par ses parents de suivre une voie artistique.
Blue Period, clin d'œil à Picasso et consorts, est à la base un manga de Yamaguchi Tsubasa, adapté par le studio Seven Arcs (Dog Days). C'est un récit initiatique, le lycéen se découvre à travers la peinture et choisit son destin, en pleine connaissance de cause. Cette ode à la liberté, au libre arbitre, au droit de vivre selon ses passions est portée par un trait délicat parfaitement adapté dans l'anime.
Réalisé par Katsuya Asano (Yu-Gi-Oh! VRAINS), sous la supervision de Koji Masunari (OAV Read or Die), Blue Period est une série vraiment agréable à visionner, toute en finesse, sans grand moment de climax, portée par un chara-design signé Tomoyuki Shitaya (Bakuman.). On va donc suivre l'année de préparation de notre héros vers le concours et ses étapes dans la découverte de l'art, de son histoire et comment il va la réinventer. A force d'efforts, le lycéen explore sa voie, gageons que quelque soit le résultat, il l'embrassera avec passion, comme à son habitude.
Cette série plaira aux amateurs de série de lycée, mais sans aucun fan service, avec une pointe d'humour, des personnages secondaires attachants et un trait simple et efficace.
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