Le guide des anime de l'automne 2021
Ranking of Kings
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Ranking of Kings ?
Note de la communauté : 4.6
Qu'est-ce que c'est ?
Dans un monde où les rois sont classés entre eux, le jeune prince Bojji commence en bas de l'échelle. Naïf, sourd et frêle, son peuple ne compte pas sur lui pour faire briller le royaume. Mais sa rencontre avec Kage, monstre de bas étage au grand cœur, va allumer en lui une petite étincelle de courage. À deux tout devient possible, y compris faire grimper Bojji jusqu'en haut du classement des rois !
Ranking of Kings est diffusé sur Wakanim le jeudi à 19 h 25.
Comment était le premier épisode ?
Alain Broutta
Note :
On va vous faire une confidence : c'est pas toujours facile de faire ses choix pour la nouvelle saison. L'adaptation du dernier gros shônen en date ? Mouais. Le nouveau projet ambitieux d'un·e réalisateur·ice réputé·e ? Mouais. Un énième isekai ? Mouais. Et puis soudain, la voilà, la bonne surprise, celle que vous n'attendiez plus. Un héros avec une bouille trop mignonne. Un univers enfantin de conte de fées, mais pas bêtement régressif. Une direction artistique atypique, et des décors peints à l'aquarelle qui nous donnent envie de piquer à Télérama ses épithètes ghibli-esques entre autres comparaisons convenues. Voilà, c'est ça, le coup de foudre immédiat, en quelques images. C'était pas si compliqué de choisir finalement, ça le sera beaucoup plus de rester objectif dans notre analyse !
Ranking of Kings, donc, ou Ôsama Ranking pour les puristes, voilà l'élu. Pas un nom très vendeur, dit comme ça, pour un principe de hiérarchie de puissance entre souverains qui n'a rien de bien original. Mettons cela de côté pour le moment, car l'essentiel n'est pas là. Partons plutôt à la rencontre de notre héros. Premier fils du roi Bosse, Bojji n'a rien de l'héritier idéal attendu par le royaume : sourd-muet de naissance, le prince aux allures de poupon chétif peine à manier l'épée à l'entraînement, si bien qu'à la cour, on lui préfère déjà son cadet le prince Daida, fils de la seconde épouse du roi, la reine Hiling. Mais Bojji a un autre défaut : son extrême naïveté. Ainsi, au détour d'une escapade solitaire, il rencontre Kage, monstre-brigand du clan de l'ombre, qui parvient à le détrousser de ses vêtements à force de persuasion. Paré à tendre l'autre joue, Bojji revient le lendemain avec de nouveaux habits à offrir au nécessiteux, au point que le monstre finisse par être attendri par tant de bêtise.
C'est donc en évoquant le conte classique du Roi nu que ce premier épisode de Ranking of Kings s'offre son image la plus marquante. Et derrière cette histoire amusante se cache une réflexion attendrissante sur la différence, posant aussi les bases d'une sincère amitié entre Bojji et Kage. Au-delà de cette historiette, le récit n'en oublie pas d'étoffer son univers avec moult protagonistes et enjeux. La série, annoncée en une vingtaine d'épisodes au sein de la célèbre case de diffusion Noitamina, devrait suivre la trame des 12 tomes du manga original de Sōsuke Tōka, disponible au printemps prochain aux éditions Ki-oon. Les bonnes fées du studio Wit se sont penchées sur le berceau de cette adaptation : la réalisation est menée par Yousuke Hatta, une première dans la carrière de l'animateur qui a déjà dirigé des épisodes de séries comme One-Punch Man ou Death Parade. Il signe d'ailleurs la réalisation de ce pilote, et s'en donne à coeur joie dans une séquence d'escrime finale très entraînante. Mention spéciale également au travail artistique de Yûji Kaneko, aux décors de Kazushi Fujii et aux musiques de MAYUKO. Pour toutes ces qualités scénaristiques et artistiques, Ranking of Kings est déjà numéro 1 dans nos cœurs !
Note :
C'était une des séries les plus attendues de la saison et pour cause, le concept mais également le studio avaient de quoi faire tourner la tête. Après avoir régalé sur Great Pretender, Wit Studio revient à l'adaptation avec Ranking of Kings, un manga seinen atypique qui fait de plus en plus de bruit au Japon. La France ne s'y est pas trompée, dans la foulée de la sortie de l'anime, Ki-oon a annoncé la sortie du titre chez eux pour 2022. Et du côté de l'anime, la série se paye le luxe d'avoir une VF au casting cinq étoiles avec Brigitte Lecordier et Alexis Tomassian dans les rôles principaux, wow quoi. Forcément ça avait de quoi intriguer.
D'autant que Wit a fait appel à Yousuke Hatta qui signe ici sa première réalisation mais qui est dans le sillage des productions de Shingo Natsume qu'il a accompagné comme directeur d'épisode sur ACCA 13, Boogiepop Phantom et One-Punch Man ! Et pour l'aiguiller en assistant directeur, il y a Arifumi Imai, oui « Imai spin » en personne, l'animateur phare de L'Attaque des Titans qui a d'ailleurs animé sur ce premier épisode. Le chara-design est signé Atsuko Nozaki, qui est plus connue pour son talent d'animatrice (la scène de la piscine dans Great Pretender), bien qu'elle a déjà été à ce poste sur Tokyo Magnitude 8.0. Sur Ranking of Kings, elle a dû s'adapter à un trait léger, presque enfantin qui siéra à merveille à l'animation survoltée du studio qu'elle supervise puisqu'elle est également directrice de l'animation sur la série.
Pour parfaire le tableau, l'histoire du manga est adaptée par Taku Kishimoto, qui s'était occupé de Haikyû!!, Fruits Basket 2019 ou plus récemment Nagatoro. Voilà ça c'est posé maintenant place à l'épisode.
L'histoire se déroule dans un monde fantasy régi par un système de classement des différents seigneurs de chaque pays. Bojji est un jeune prince faiblard en diable qui a une particularité le rendant unique s'il en est. Bojji est sourd muet, un handicap qui lui complique la vie quotidienne entre mépris des enfants de son âge, déception et pitié de la part des adultes qui voient en lui un simple d'esprit. Un jour, alors qu'il se balade à l'extérieur du château, Bojji fait la rencontre de Kage, une ombre parlante qui cherche à le détrousser. Content d'avoir rencontré quelqu'un qui accepte de parler avec lui, le jeune prince cède à sa rapine et lui donne ses vêtements. Il rentre au château avec son slip pour seul vêtement. Et le lendemain également. L'histoire remonte en haut lieu et attire l'attention de la reine et du roi qui ont eu vent de l'affaire. Que se passe-t-il avec Bojji, destiné à devenir malgré tout le roi du pays ?
Wow mais quelle claque ! Entre le trait aux couleurs pleines de douceur et l'animation au petits oignons, cet épisode était l'un des meilleurs démarrages de la saison ! C'est beau, c'est mignon, c'est drôle et touchant mais ça dévoile aussi une intrigue qui a l'air bien plus dense qu'il n'y paraît avec, entre autres, l'histoire du demi-frère jaloux plus doué mais au caractère vicié. Si Wit maintient ce niveau tout le long ça sera sans nulle doute une des plus belles séries de la décennie (qui commence à peine, ohlala). Les personnages sont attachants et nous avons hâte de voir Bojji et Kage faire équipe puisque c'est ce que l'on nous vend. Ils sont vraiment très forts.
Note :
Notre histoire prend place dans un monde féodal où un classement est régulièrement établi entre les rois. Ces derniers sont jugés selon le nombre de chevaliers de renom à leur service, sur la prospérité de leurs sujets et par-dessus tout sur l'héroïsme dont ont pu faire preuve les rois en question.
Dans le royaume du roi Bosse (le 7e au classement), le prince est un garçon du nom de Bojji et l'enfant semble très loin d'avoir les prérequis pour succéder dignement à son réputé géniteur. Particulièrement petit, sourd-muet et donc incapable de s'exprimer avec des mots, le garçon passe pour un simplet auprès du peuple et est méprisé par sa belle-mère, la nouvelle reine, qui aurait largement préféré voir son propre fils Daida à la succession du royaume. Pourtant Bosse n'en démord pas et continue de croire en Bojji.
Et on ne saurait lui donner tort. Extrêmement agile malgré son physique trompeur, Bojji s'échappe régulièrement du château pour se promener. Un jour, il fait la rencontre de Kage, un monstre-ombre appartenant à un clan spécialisé dans les assassinats. Kage profite de la naïveté et de la gentillesse du prince pour lui extorquer des vêtements royaux qu'il compte revendre à prix d'or. Bojji joue le jeu, jour après jour, trop content d'avoir trouvé quelqu'un qui accepte de lui parler, et cela finit par toucher Kage. Et si l'innocence du prince n'était pas pas un défaut mais au contraire une de ses plus grandes forces finalement ?
Pour commencer, ce qui saute au yeux : c'est visuellement sublime ! Le trait est à mi-chemin entre pinceau et fusain et cela se marie à merveille avec des décors picturaux aux tons pastels et chaleureux. Il y a aussi des rapports d'échelle démesurés (le roi gigantesque notamment) qui fonctionnent parfaitement. Il en résulte une ambiance de conte de fée pleine de douceur, un peu comme si on percevait le monde à travers les yeux candides de Bojji. C'est du Wit Studio mais on se croirait dans une production Colorido. Pourtant, il apparaît très vite que ce monde est bien plus dur qu'il n'en a l'air. Entre les enfants moqueurs et cruels, les adultes condescendants et la belle-famille hostile, Bojji n'a pas la vie facile et son sourire permanent n'exprime pas sa simplicité d'esprit mais n'est qu'un masque pour dissimuler son immense solitude.
Ranking of Kings n'est pas seulement une belle série sur le plan formel, c'est aussi une œuvre thématiquement forte (harcèlement, dépassement de soi, apparences trompeuses, etc.), assez subtile dans sa narration et avec des personnages instantanément touchants.
S'il fallait faire un classement des meilleurs pilotes de cette saison, on tient assurément ici le roi parmi les rois.
Note :
Dans le monde où se déroule l'action, rien n'est plus important que le classement des rois. Il se base sur les chevaliers, la prospérité des sujets et la bravoure du roi. Mais comment faire quand ce dernier est tout petit, muet et aime se balader à moitié nu… les habitants du royaume n'en peuvent plus et se moquent du roitelet. L'enfant est bien gentil mais cela ne suffit pas.
Il aime se promener seul et il rencontre alors une ombre parlante, une sorte de monstre qui le dépouille de ses habits et lui fait promettre de revenir le lendemain avec de nouveaux atours. Gentil comme tout, le prince lui obéit et revient chaque jour, repartant en caleçon. « Une bonne poire », comme souligne la bestiole noire, mais le prince Boji ne connaît pas la duplicité. Ce n'est pas le cas de sa tante, qui n'a qu'une idée en tête, que son fils soit roi à la place de celui qu'elle considère comme un crétin, incapable de régner. Dans ce royaume, l'enfant n'a en fait qu'un seul ami, le brigand bizarre. Ils se comprennent, malgré le handicap du gamin, et peu à peu une sorte d'amitié se forme. Si bien qu'un jour, l'ombre suit le prince et découvre comment il est maltraité non seulement par ses sujets, qui le pensent débile, mais aussi par sa famille. Si son père l'adore, il en n'est pas de même des autres membres de la famille royale… l'enfant n'est pas dupe, tout le monde pense qu'il ne comprend rien et qu'il n'est pas conscient de ce qui se passe. Mais en fait, il pleure en secret, refoulant ses émotions.
Alors qu'il envisage de l'aider, le prince instructeur de son cousin Daida découvre l'ombre, un vestige d'un clan d'assassins. Alors que l'enfant rend visite à son père, le Roi Bosse, 7e au classement, on découvre que ce dernier est malade et qu'il est sur le point de mourir. Laisser le royaume à son fils, né de son premier mariage, est une décision compliquée. Pour qu'il en soit digne, il va lui falloir s'entraîner encore avec Domas, son maître d'arme. Bojji est faible mais il a un point fort que personne ne soupçonne. Alors qu'il travaille avec son instructeur, Daida, son petit frère (en âge, mais plus grand d'une tête) décide de venir les pourrir et défie le maître. Et tout ne va pas se passer comme il l'avait imaginé… Humilié, Daida est furieux. Quand Bojji défie son petit frère, tout le monde pense que l'affaire est pliée, mais il faut se méfier de l'eau qui dort ! Le petit prince est super agile !
Au premier abord, on sera séduit par le graphisme délicat de cette adaptation du manga de Sōsuke Tōka, les personnages sont graphiquement retranscrits avec brio et enrichis par le chara-design d'Atsuko Nozaki (Tokyo Magnitude 8.0). C'est à Yousuke Hatta qu'a été confiée la direction de cette série, le script étant signé par Taku Kishimoto (Fruits Basket). On s'attache rapidement à la fourbe ombre noire en Moebius, que l'on découvre être aussi une jeune créature bien plus immature que son comparse le petit prince. On sent bien qu'entre les deux une vive amitié va naître.
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