Le guide des anime de l'automne 2019
Case File nº221: Kabukicho

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Case File nº221: Kabukicho ?
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Qu'est-ce que c'est ?

Kabukichô, côté Est de Shinjuku, aussi appelé le « quartier-lumière », est le théatre d'affaires sordides... C'est ici que se trouve un « bureau d'enquête » dirigé par Mme Hudson qui est composé de détectives uniques en leur genre, dont Sherlock, un génie amateur de Rakugo. L'histoire commence lorsqu'un meurtre mystérieux se produit !

Case File nº221: Kabukicho est diffusé sur ADN le vendredi à 18 h 55.


Comment était le premier épisode ?


Damien Hilaire

Note :

Perdu dans les rues de Tokyo, à la recherche d'un bar mystérieux appelé le Pipecat, d'abord abordé par un rabatteur, notre héros est envoyé dans une ruelle mal éclairée à suivre des empreintes de chats fluorescentes qui doivent le conduire à sa destination. Un cabaret ? En tout cas ça y ressemble, alors que se dandinent sur scène musiciens et danseurs travestis et transsexuels, de même que les hôtes proposés par l'établissement. Dans quel endroit notre héros vient de se fourrer ? Il n'est pas là pour consommer mais bien pour un but précis : rencontrer un détective, quelqu'un qui pourrait l'aider à résoudre un problème pour lui, un célèbre enquêteur du nom de Sherlock Holmes.
Mais avant ça il doit le retrouver au milieu des détectives présent ce soir, prêts à partir à la chasse d'un nouveau mystère, tous en compétition pour gagner un petit pactole à celui qui attrapera Jack l'Éventreur.

Ok, ok, alors avant toute chose, peut-on s'arrêter quelques minutes pour admirer le chara-design de Toshiyuki Yahagi tout droit sorti d'un yaoi ? Dans Joker Game c'était quand même moins flagrant. Là, entre les transsexuels barbus et notre héros qui sent le uke à 2 000 %, on sait pour quel public cette série a été conçue ! Sérieusement ? Sherlock Holmes et Watson à Kabukichô ? Rejouer la bromance la plus célèbre du monde au Japon en déplaçant l'intrigue dans le quartier le plus chaud de Tokyo ? Entre la prostitution et les yakuzas c'est sûr qu'il y a des choses à raconter.
Mais mettre Sherlock sur la piste de Jack L'éventreur franchement ça a quand même quelque chose de cliché un peu. D'autant que oui, on est sur une série qui reprend exactement la trame des meurtres glauques de Jack, tripatouillage d'utérus inclus. Et pourtant le ton n'a rien à voir, on est sur un titre aux couleurs chaudes et à l'ambiance détendue, presque comique et cela relève d'un certain grotesque peut-être bien volontaire. Mais pour l'instant ça n'est guère convainquant. Il s'agit pourtant d'une production originale du studio Production I.G, pilotée par Ai Yoshimura, la réalisatrice de Oregairu et Blue Spring Ride. Le scénario est du fait de Taku Kishimoto, qui a déjà écrit ERASED, 91 Days et Joker Game (le monde est petit), il a donc un peu l'habitude des polars et des enquêtes. Mais ici ça sent un poil le réchauffé.
C'est dommage d'autant que l'univers, le concept et même le décorum sont plutôt singulier et attirant d'ordinaire. Seulement là c'est peut-être un peu fourre-tout et le mélange manque d'harmonie et de cohésion pour que ça puisse coller.

Nous ne sommes qu'à l'épisode 1, la suite pourrait tenter de construire quelque chose, des personnages, un esprit d'équipe, ça pourrait marcher, d'autant que la fin de l'épisode livre un dernier point pour le moins original à base de théâtre Rakugo qui pourrait amener à des choses franchement intéressante si bien faite. Reste à voir dans quelle direction cela ira, dans l'immédiat c'est pas dingue, mais en s'acharnant peut-être qu'on y trouvera quelque chose de cool ? Toute façon ça peut pas être pire que Stand My Heroes.


Bruno De La Cruz

Note :

De l'enquête et Production I.G ! Et en plus une programmation annoncée à 1 h 50 du matin ! Ah, si seulement nous étions encore dans les années 1990 (oui, je suis nostalgique !)... À cette époque, on aurait certainement eu droit à des ruelles sombres, des affaires crades, et de l'animation pour adulte qui claque !

Mais analysons le présent : Case file n°221: Kabukichô est une série menée chez Production I.G Que ce soit I.G lui-même ou ses filières, le studio a été concerné par des dizaines de productions en 2019. Et en attendant une année 2020 déjà bien remplies (Ghost in the Shell, Hakyu!!...), voici une création originale proposant une (énième) aventure de Sherlock Holmes.

L'air de rien, Production I.G continue de proposer des projets excitants (ou du moins intriguants), avec des adaptations comme Run with the Wind ou des créations d'animateurs telle B: The Beginning. Ici, on retrouve encore de très bons producteurs comme Maeda Toshihiro, qui a récemment participé à Araburu Kisetsu no Otome-domo yo., une série originale de Mari Okada. Ainsi, I.G croit en Kabukichô, comme le prouvent les 24 épisodes déjà annoncés. Et pour mener ce projet, une femme : Ai Yoshimura. Cette pure réalisatrice s'est fait un petit nom avec Blue Spring Ride, et je pense que la matière de Kabukichô, composé d'enquête plutôt fun même s'il y a du meurtre, peut amener à mettre en avant la personnalité des acteurs de la série. J'apprécie le chara design “gueules carrées” de Yahagi Toshiyuki , que j'avais déjà adoré sur Joker Game (sur des main designs de Shirow Miwa). Il est différent sans être (il me semble) un calvaire à adopter pour les équipes d'animateurs. On a donc du talent, un cachet graphique et quelques seiyû à la renommée bien solide (comme Jun'ichi Suwabe pour tenir le rôle de Sherlock).

Tout ce petit monde rend un travail de bonne facture pour cette ouverture. On peut regretter la vilaine 3D pour modéliser les véhicules, mais sinon y a de la vie, c'est coloré, les personnages ne sont pas génériques dans leur attitude. Il existe toujours le danger de proposer une formule déjà vue, surtout quand on parle de Sherlock Holmes. Si je n'ai pas vraiment de doute concernant l'écriture, confiée à Taku Kishimoto, je pense qu'on a droit à une version proche de ce qu'il avait fait sur 91 Days, avec une “vulgarisation” de grandes figures. Espérons néanmoins qu'on aura des trames plus complexes, mais les premiers signaux sont rassurants. On peut espérer que des pointures de Production I.G et ses branches interviennent pour signer un ou deux épisodes plus ambitieux. Bref, on est curieux, donc nous nous verrons bien.


Pa Ming Chiu

Note :

Sherlock Holmes fait partie de ces figures emblématiques sans cesse réinventées et modernisées. En témoigne la récente et très remarquée incarnation par Benedict Cumberbatch qui transposait les aventures du plus célèbre enquêteur du monde dans le Londres de nos jours. On pense aussi à la série Elementary qui plaçait l'action dans un New York contemporain, avec un docteur Watson féminin.
Cette figure ne manque pas d'inspirer de surcroît la pop culture nippone. On a encore tous en tête les personnages anthropomorphes de la série italo-japonaise Sherlock Holmes (Meitantei Holmes), supervisée à ses débuts par Hayao Miyazaki et diffusée au Club Dorothée dès 1984. On peut également retrouver les traces du détective dans des mangas, des drama (Miss Sherlock en tête) ou des jeux vidéo. Sans même le nommer, Détective Conan ou Professeur Layton en sont par exemple très ouvertement inspirés.
Case file n°221: Kabukichô rejoint donc ces tentatives de s'approprier le mythe, en le déplaçant dans Kabukichô, le quartier le plus chaud de Tokyo. Et pour donner un némésis à Holmes qui puisse lui tenir tête, les créateurs s'emparent d'une autre icône anglaise, tristement plus réelle cette fois : Jack l'éventreur.

Ce n'est pas la première fois que le détective fictif est confronté au serial killer historique. Si Sir Arthur Conan Doyle n'a jamais écrit une telle rencontre, d'autres auteurs s'en sont déjà chargé par la suite. On peut même retrouver cette confrontation dans des films, un jeu vidéo et un jeu de société. On ne peut donc pas dire que le concept de cette nouvelle série soit spécialement révolutionnaire, mais pourquoi pas. Une fois de plus, l'essentiel n'est tant pas l'histoire racontée que la manière dont elle est racontée. Sur ce point, il est encore trop tôt pour se faire un avis définitif. On est familiers des ruptures de ton dans la narration asiatique, mais celles-ci manquent ici d'équilibre pour l'instant. On ne sait pas si on est dans une comédie qui ne s'assume pas tout à fait ou dans du polar qui n'assume pas sa noirceur. A voir si la direction se précise plus tard, car le grand écart est pour l'instant surtout anti-immersif.
Reste certains aspects déjà intéressants et prometteurs. On retrouve en premier lieu un Sherlock Holmes plus étrange et associable que jamais et dont le port de tête évoque L dans Death Note (qui lui-même était inspiré de Sherlock Holmes. La boucle est bouclée). Notre détective de Kabukichô a aussi pour particularité de mettre en scène ses conclusions d'enquête… en les jouant façon théâtre rakugo ! Même en dehors de cette scène surréaliste, et prenant exemple sur la série de la BBC, le sens de la déduction surnaturel de Sherlock est une fois de plus mis en scène de manière très ludique. Des moments, certes capillotractés, mais qui suffisent à relancer l'intérêt de l'épisode.

Par ailleurs, pour ne rien gâcher, on est dans la moyenne haute sur le plan technique. Le chara design est efficace, les dessins plutôt détaillés et l'animation globalement soignée.


EmmaNouba

Note :

Une sérié sortie d'I.G. Production part déjà avec un avantage : un label de qualité et avec cette production originale c'est gagné d'avance. On y retrouve du Sherlock Holmes, une valeur sûre et du Jack L'éventreur. Aux manettes de cet anime original totalement barré se trouve la réalisatrice Ai Yoshimura (My Teen Romantic Comedy SNAFU, Dance with Devil), au scénario Taku Kishimoto(Joker Game, 91 Days, ERASED), au chara-design et à la direction de l'animation Toshiyuki Yahagi (Joker Game, Persona 5 the Animation -The Day Breakers-). Le studio a travaillé, ne l'oublions pas, sur Ghost in the Shell, séries et film. Et il n'y a qu'une chose à dire : c'est beau, bien dessiné, animé admirablement. Bref, c'est du bonheur à l'état pur, rien que graphiquement, ça donne envie. Et on n'en redemande. Dès le générique, on sent que c'est du lourd. La bande son signée Takurō Iga (Final Fantasy XI et XIII) habille le tout parfaitement et les cadrages comme dans un polar sont nickels.

Le récit se déroule dans le quartier chaud à l'est de Tokyo, Kabukichô. Y débarque un jeune médecin totalement perdu dans ce monde de néons et de bouges, John Watson. Il cherche le Pipecat, un bar planqué où il compte trouver le détective Holmes. Mais avant cela, il rencontre les habitués des lieux, des travestis qui proposent un spectacle burlesque. En moins de trois minutes, le ton est donné et l'opening le confirme ! On va se régaler.
Alors que notre ami attend de rencontrer le détective se déroule dans un salon particulier du Pipecat une bien étrange réunion. L'inspecteur Lestrade (un gringalet affublé d'une perruque à la Mireille Mathieu) vient demander de l'aide aux détectives pour arrêter Jack L'éventreur. On apprend alors que la fille du maire a été une de ses victimes et que la police est totalement nulle. Les trois détectives partent alors dans une course contre la montre, le premier qui arrête le criminel empochera dix millions de yens.
Des trois, Holmes est celui qui ne paie pas de mine, et Watson va devoir ruser pour l'approcher. Mais le petit gars a de la ressource et arrive à s'incruster dans sa voiture. Entre le détective Michel Belmont, vieux de la vieille et le pédant Kyogoku, Holmes va devoir résoudre en premier ce crime et il va s'en charger avec brio en laissant tous ses adversaires sur le carreau.
Après un tour dans le plus grand bar à hôtesses du coin, le White Rose, on cerne mieux la personnalité de notre détective, entre pragmatisme et goujaterie. Il n'est pas là pour s'amuser mais trouver l'assassin d'une jeune fille donc le meurtrier a voulu faire croire qu'elle avait été trucidée par Jack l'éventreur. Et pendant ce temps là, Kyogoku se prend les pieds dans l'enquête pour notre plus grand plaisir.
Et que dire de la résolution de l'enquête interprétée par Holmes, qui offre un rakugo policier (du théâtre humoristique de l'ère Edo) où en campant plusieurs personnages. Impeccable. Enfin avec tout ça, on ne sait toujours pas ce que veut ce pauvre Watson mais on ne doute pas que ces deux là ne sont pas près de se séparer.


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