Le guide des anime du printemps 2021
Tokyo Revengers

par l'équipe éditoriale d'Anime News Network,
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Tokyo Revengers ?
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Qu'est-ce que c'est ?

Takemichi Hanagaki n'a pas vraiment réussi sa vie. Il fait des petits boulots sans intérêt et lorsqu'il apprend que la seule petite amie qu'il ait jamais eue au collège, Hinata Tachibana, a été tuée par l'impitoyable gang Tokyo Manji-kai, il est anéanti. Le lendemain, toujours sous le choc, il est poussé sur les rails de la gare lors d'un mouvement de foule. Mais Takemichi ne meurt pas et quand il se réveille, il est revenu douze ans en arrière. Il va ainsi retrouver ses meilleures années, mais aussi tenter de sauver celle qui l'aime et prendre sa revanche sur la vie...i>

Tokyo Revengers est diffusé sur Crunchyroll le samedi à 21 h.

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Comment était le premier épisode ?

Damien Hilaire
Note :

Tokyo Revengers est un manga qui remet au goût du jour une mode désuète rarement adapté en anime et souvent cantonnée au drama : les séries de furyô.
Le furyô on vous la fait courte, c'est un terme désignant les jeunes délinquants japonais qui ont donné tout une branche du shônen des années 1990/2000. Si certains sont arrivés chez nous, la grande majorité est restée au Japon. Et si le genre est clairement beaucoup moins sur le devant de la scène depuis une grosse décennie, Tokyo Revengers a permis l'amorce d'un revival bienvenue en ces temps de fantasy omniprésente.
Mais pourquoi donc Tokyo Revengers marche ? Bah parce qu'il a su s'adapter à son époque et proposer une intrigue furyô aux enjeux et concepts bien plus en phase avec la décennie 2010. À la réalisation de ce carton librairie il fallait donc un studio solide et ils se sont tournés vers LIDEN FILMS. Pas le studio auquel on passe immédiatement d'autant que cette saison ils sont sur deux séries en même temps. Mais à la réalisation ils ont mis un vétéran de l'animation en la personne de Kōichi Hatsumi. Plus connu comme animateur que réalisateur, il a tout de même à son actif Deadman Wonderland et surtout la réalisation de l'épisode 6 des OAV de Gundam Unicorn, ce qui n'est pas rien tellement cette série est folle. À l'adaptation, il a choisi de travailler avec Yasuyuki Mutō qu'il connaît bien puisqu'il était au même poste sur Deadman Wonderland et sur Unicorn. Comme ça c'est clair qu'il n'y aura pas de mésentente !
Leurs collaborations passées suffiront-elle à tenir l'adaptation du manga de Ken Wakui ? Nous allons vite voir ça !

Takemichi est un jeune adulte à qui la vie n'a pas réussi. Ancien délinquant, il vit dans un appart miteux et bosse dans un vidéoclub où il n'arrête pas de recevoir des remontrances. Il a passé sa vie à s'excuser et à courber l'échine. Et alors qu'il est devant la TV, il découvre qu'un gang a causé la mort de deux personnes dans un accident et que l'une d'elles est son ex du collège. Forcément il accuse le coup, l'information tourne en boucle dans sa tête et il en vient à se demander ce qu'il fout de sa vie. Et alors qu'il attendait le métro pour rentrer, quelqu'un le pousse sur les rails et, se retrouvant nez à nez avec les phares du train, il repense à Hinata et le voici propulsé 12 ans en arrière, quand il était encore en quatrième et qu'il n'avait pas foiré sa vie.

Là comme ça à vu de nez on pourrait croire que c'est une version moderne de Quartier Lointain. Mais forcément si ça a cartonné c'est que ça a un peu plus que ça à proposer (non que Quartier Lointain soit mauvais mais les Japonais n'ont jamais spécialement apprécié Taniguchi). Car, rappelez-vous, nous sommes dans un furyô post-2010. Pour rajouter du piquant à son intrigue, Wakui propose de nous rejouer Steins;Gate sauce bourrin : changer le passé pour sauver la fille qu'il aime. C'est simple en apparence mais évidemment cela nécessite de repasser le fil d'événements aux intrications extrêmement complexes qui lient notre héros à son ancienne vie de racaille. C'est extrêmement efficace et si le premier épisode n'est que l'introduction de ce qui va devenir un très long récit plein de promesses, il reste bien réalisé.
Pas encore de castagne dans ce premier bout de l'histoire, un truc à relever, les svastikas qui servent d'emblème au Tokyo Manjikai ont été supprimées des versions internationales par peur qu'on vienne leur casser les noix sur le sujet. C'est un détail, finalement ça ne change rien à l'intrigue, c'est dommage, mais on suivra l'histoire même sans ça.


EmmaNouba
Note :

Quand il apprend que la seule petite amie qu'il a eue vient de mourir, Takemichi Hanagaki est tout retourné. Il faut dire que sa vie est toute pourrie. Il vit d'un petit boulot et il ne fait que s'excuser face à ce qui lui arrive. Mais alors qu'il attend son train, quelqu'un le pousse sur la voie. Il se retrouve projeté 12 ans auparavant, au collège, à l'époque où il était amoureux de la douce Hinata Tachibana et où il traînait avec sa bande de copains, des racailles pas très méchantes. Il hallucine et surtout ce qui, pour le spectateur, est original, il ne se souvient pas clairement de son passé. Résultat des courses, avec ses potes, il se fait défoncer par les caïds du coin et revit les pires moments de son existence. Mais il peut aussi revoir Hinata et comprend alors que son amour était fort.
Après le collège, lassé d'être brimé par les furyô du coin, il a tout quitté et s'est installé à la capitale. Il va faire une rencontre décisive : le petit frère d'Hinata à qui il va confier son secret de voyage dans le temps. C'est peut-être l'occasion de sauver son grand amour…

Adapté du manga de Ken Wakui, Tokyo Revengers peut, au premier abord, sembler manquer d'originalité, mais détrompez-vous. Tout d'abord, le personnage de Takemichi est extrêmement attachant et surtout, ces amnésies le rendent fragile. Quand il découvre sa dégaine avec ses cheveux blonds peroxydés et ses baggys noirs, il se trouve ringard et est atterré. On peut regretter que le chara design signé Keijo Ôta (Hyakko) et Kenichi Ohnuki (Golden Kamuy) perd en force à côté du trait vraiment puissant de Ken Wakui. Soulignons que cet auteur complet sait de plus de quoi il parle, ayant passé une dizaine d'années dans ces milieux interlopes faits de voyous et de graines de mafieux.
Quand on lui propose de créer un manga autour d'une bande, le mangaka, déjà amateur de récits fantastiques, décide de prendre le biais du voyage dans le temps, afin de brosser des personnages qu'il connaît, les petites frappes des années 1980-90, dans une ambiance à la GTO. Et c'est un vrai régal.

Si l'on perd quelque peu du charme du manga, la réalisation signée Kōichi Hatsumi (Blue Exorcist: Kyoto Saga) reste efficace, tout comme le scénario adapté par Yasuyuki Mutō (Afro Samurai). Le tout est produit par LIDEN FILMS, studio connu notamment pour son travail sur Berserk. Tokyo Revengers est une série grave, elle dépeint avec réalisme les rapports de domination qui peuvent s'installer dans les bandes et surtout ce que subissent les perdants. Takemichi Hanagaki a toujours fait partie de ce groupe et il a en main l'occasion de changer cela. On comprend rapidement qu'il va faire des allers-retours temporels, et que non seulement, il va tenter de sauver sa belle, mais aussi de remettre la main sur une vie qui jusqu'à présent n'a été qu'une suite de journées mornes.
Une fois que l'on passe sur le côté un peu lisse de l'animation, Tokyo Revengers promet des développements intéressants et mérite que l'on lui donne sa chance.


Alain Broutta
Note :

En France, le genre du furyô n'a jamais véritablement percé. Outre l'illustre GTO ou plutôt sa préquelle Shōnan Junai-gumi, Bakuon Rettō ou encore Racaille Blues, les titres qui font pleinement honneur aux délinquants juvéniles japonais se comptent encore sur les doigts des mains. Mais cette figure emblématique de la racaille nippone peroxydée reste incontournable des récits lycéens, qu'ils s'orientent vers le sport (Slam Dunk), la romance (Drôles de Racailles)...

Aussi, il aura fallu attendre 2019 pour que Ken Wakui, un mangaka spécialiste du genre, soit publié en France avec son titre Tokyo Revengers. Publié au Japon depuis 2017 et toujours en cours de publication à l'heure où nous rédigeons ces lignes, ce shônen a été récompensé d'un Kôdansha Award en 2020, boostant davantage deux projets d'adaptations : la présente série animée, lancée en avril 2021, et un film en prises de vue réelles, prévu dans les salles japonaises en juillet 2021.

Tokyo Revengers doit très certainement son succès et son importation à son prémisse surnaturel. Sorte de Quartier Lointain version brute de décoffrage, le récit suit Takemichi, un jeune homme de 26 ans qui, suite à un accident, se retrouve projeté 12 années plus tôt dans le passé. Pensant d'abord à une expérience de mort imminente, Takemichi comprend rapidement qu'il peut réellement influencer les événements, pour changer le cours de son existence… mais aussi celle de son entourage ! Plus particulièrement, ce phénomène peut lui donner l'opportunité de sauver Tachibana, sa première (et unique) petite amie de l'époque, dont il a récemment appris la mort dans le présent…

Takemichi sera donc amené à faire des sauts entre passé et présent, pour constater “l'effet papillon” des choix faits dans sa jeunesse. Cette mécanique à suspens n'est pas sans rappeler la série ERASED de Kei Sanbe, dans une ambiance moins anxiogène. D'un autre côté, l'euphorie nostalgique à l'idée de retrouver ses 14 ans et ses potes de l'époque, retombe bien vite. En effet, Takemichi connaît d'avance la trajectoire de sa vie, les coups d'éclat de sa jeunesse marginale l'orientant vers une vie de galère et de soumission, d'un petit boulot à l'autre. Et bien sûr, là-dessus, rajoutons toute la couche du shônen furyô : de la baston nekketsu, la glorification d'un esprit d'équipe avec des camarades charismatiques, et bien sur les codes capillaires et vestimentaires du genre, à la mode de 2005.

L'adaptation animée est dirigée par Kōichi Hatsumi (Deadman Wonderland, Blue Exorcist saison 2) au sein du studio LIDEN FILMS. Sans être catastrophique, l'animation de ce premier épisode reste passe-partout. Cependant, mis à part le moment de l'accident, cette introduction n'a pas encore proposé de séquence d'action obligeant les animateurs à se retrousser les manches. Il en est de même pour les musiques très décoratives de Hiroaki Tsutsumi, qui apportent à la série une ambiance parente au récent Ahiru no Sora. Quoiqu'il en soit, le récit est pour l'heure bien desservi par cette adaptation, qui devrait contribuer encore davantage au succès mérité du titre dans le monde !


Pa Ming Chiu
Note :

Takemichi Hanagaki ne mène guère une vie épanouie. Au travail, il se fait marcher dessus par sa responsable, sa voisine lui fait sans cesse des remontrances et il se fait malmener par les gamins du quartier. Qu'a-t-il bien pu arriver à cet ancien furyô et où sont passés sa fierté et son esprit de rébellion ?
Un jour, en regardant les informations à la télévision, il découvre que Naoto Tachibana, la seule petite amie qu'il a jamais eue au collège, est morte, victime collatérale d'une guerre des gangs. Et comme si sa journée n'était pas suffisamment pourrie, alors qu'il est plongé dans ses pensées et repense à Tachibana, il se fait pousser sur un quai de train et tombe sur les rails. Une rame lui fonce dessus, mais en perdant conscience, Takemichi se fait projeter dans le passé ! C'est ainsi qu'il se retrouve dans la peau du collégien de 4e qu'il était jadis. Le jeune homme est-il mort et en train de voir sa vie défiler devant ses yeux? C'est ce qu'il croit en tout cas. Il redécouvre ses anciens potes furyô avec son regard d'adulte et revit notamment l'événement qui a fait basculer sa vie : lorsque lui et sa bande se font tabasser par des 3e et deviennent leurs larbins. C'est à partir de ce moment-là qu'il a passé sa vie à fuir, à s'écraser et à s'excuser…

Nous sommes ici dans une série de retour dans le temps assez typique où le héros va revivre sa jeunesse pour sauver le futur façon Retour vers le Futur ou Peggy Sue s'est mariée<. C'est une thématique assez prisée ces dernières années dans l'animation japonaise, et on pense par exemple à your name. ou ERASED pour ne citer que les plus gros succès du genre. Mais si Tokyo Revengers déploie des problématiques déjà vues, il le fait avec une certaine originalité. Ainsi, le héros n'est pas coincé dans son passé, comme le héros de Quartier Lointain de Taniguchi par exemple, et, à notre grande surprise, revient déjà dans le présent à la fin de l'épisode. Il n'a pas toutefois pas réussi à sauver son amour de jeunesse mais a quand même changé le destin du petit frère de celle-ci. Peut-il faire encore plus ?

Ce premier épisode, particulièrement riche sur le plan narratif, pose donc efficacement les enjeux et parvient à titiller la curiosité sur la manière de les résoudre. Comment Takemichi va-t-il retourner à nouveau dans le passé ? Quel va être le rôle du petit frère de Tachibana ? La mort de Tachibana ayant été causée par une guerre de gangs et Takemichi ayant été un furyô, ce dernier va-t-il devoir infiltrer un gang ? On se doute aussi qu'il y aura également une dimension parcours initiatique et que Takemichi va pouvoir influer sur son avenir via son passé. La justesse dans l'écriture du personnage rend d'autant plus impatient de voir ça.


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