Le meilleur et le pire des anime de 2020
Damien Hilaire

par Damien Hilaire,
Voulez-vous définitivement définir votre édition comme Français ? oui

Ça y est c'est la fin de l'année et c'est l'heure du bilan, calmement, en se remémorant chaque instant, parler des histoires d'avant comme si on avait 50 ans. Car ça ne fait qu'un an mais fiou, quelle année massive cela a été ! L'impression qu'une décennie complète s'est insérée au forceps dans 365 jours sacrément costauds, le genre d'année qui devrait laisser tout le monde exsangue et sur le carreau.

L'année 2020 a été une année particulièrement étrange et compliquée pour tout le monde et l'animation japonaise n'y fait pas exception. Seulement, je ne l'ai jamais vécu ainsi puisque presque aucune des séries que j'ai chroniquées cette année ne semble avoir été touchée par l'événement ! Je n'ai eu qu'une seule série décalée lors du premier confinement.

Mais revenons un peu en arrière ! L'année avait plutôt bien démarré avec des titres s'illustrant là où on ne les attendait pas. Ce fut le cas de BOFURI qui a fait cracher ses tripes au studio SILVER LINK comme rarement avec une intensité qu'ils n'ont pas retrouvée durant le reste de l'année. Et BOFURI a justement bien marqué le tempo de cette année de chroniques avec énormément d'adaptations de light novels et surtout d'isekai qui étaient quand même moins nombreux qu'en 2019. Que tirer de cela ? Que le pic a été dépassé ? Pas si sûr. 2021 en annonce déjà une belle brochette, l'isekai n'est pas en perte de vitesse. En revanche il va prochainement se stabiliser en triant ce qui aura une suite et ce qui ne sera qu'un coup d'essai pour des studios cherchant à profiter de la vague.

Et hélas beaucoup des titres dans le genre que j'ai chroniqués cette année étaient…. pas ouf du tout. The 8th Son qui fait n'importe quoi et arrive à rendre son histoire toute plate et sans saveur… Je l'ai en travers de la gorge ! On sait que désormais le paysage sera rythmé par les sorties de titres classiques et attendus, comme Re:Zero cette année, et de myriades de tentatives d'avoir sa part du gâteau. D'ailleurs, sacrée claque cette saison 2 vous trouvez pas ? Après l'avoir attendue au printemps, elle finit décalée à juillet, où elle finit par… ne pas faire l'unanimité.
Personnellement je n'ai pas eu l'impression de régresser, faire du surplace est dans l'ADN de l'œuvre. C'est le tâtonnement qui rend la chose intéressante, les échecs construisent la réussite et finissent de détruire le héros. L'épisode sur l'épreuve de Subaru met un coup au cœur avec sa petite vibe Evangelion. Celui sur les sorcières est assez dingue aussi, puis ce final de mi-saison rend l'attente vraiment tendue donc vivement janvier !

Cette année n'a pas été faite que d'adaptations de light novels. Beaucoup de mangas ont été adaptés évidemment (bon sang la saison 3 de Railgun O_O. J.C.STAFF à son meilleur. Et ils ont récidivé sur DanMachi ! Absolute madmen) mais s'il y a une chose à retenir c'est peut-être bien le début des adaptations de webtoon en anime produits par Crunchyroll et largement mis en avant par la plateforme. Le premier à avoir mené la danse est Tower of God. Et si l'esthétique générale était réussie et collait à merveille au trait de l'œuvre d'origine, il y a eu des raccourcis.

Dans l'ensemble la production est plutôt moyenne et à la fin de la première saison nous ne comprenons toujours pas vers quoi le titre cherche à aller. Malgré ses fulgurances il ne reste donc pas vraiment en mémoire, au contraire du suivant et survolté The God of High School, production estivale et deuxième essai de Crunchyroll qui a eu la bonne idée de confier la réalisation au studio MAPPA avec à la réalisation Sunghoo Park. Un Coréen pour adapter un webtoon coréen, il fallait y penser. Résultat, ceux qui ne connaissaient pas le bonhomme ont eu un avant-goût de ce qu'il est en train de servir sur Jujutsu Kaisen (qu'il réalisait pendant la diffusion de The God of High School dont la production était terminée depuis un moment). La réalisation particulièrement nerveuse possède un sens de la mise en scène cinématographique et fait la part belle à l'action et au sakuga. Dommage que The God of High School soit bien trop rushé pour être compréhensible ou intéressant. L'intrigue est laissée brouillonne et le spectateur reste pour le spectacle. Qui est plus qu'à la hauteur, il ne manquait que le pop-corn.

D'ailleurs, si 2020 a bien été l'année de quelqu'un c'est bien celle de MAPPA. De l'hiver à l'automne ils ont été là pour proposer un titre qui a souvent marqué l'instant et parfois l'année. Dorohedoro évidemment, considéré inadaptable et qui confirme avec brio l'essai du Studio Orange sur BEASTARS et redonne confiance dans les productions CGI sorties du Japon (on a eu Lupin the First pour enfoncer le clou aussi mais c'est plus les même moyens), mais aussi Jujutsu Kaisen et même tout récemment la saison 4 de L'Attaque des Titans qui s'annonce comme un véritable tournant dans l'oeuvre et sa réalisation.
Mais ça n'a pas été un sans faute non plus. Il y a eu Listeners. Vous savez que j'aime les mecha et si d'ordinaire il y a déjà peu de robots chaque année, 2020 a été une période de vache maigre assez violente ! J'ai esquivé Listeners mais pas Sakura Wars que j'ai pris de bon cœur mais dont le visionnage ne laisse qu'un souvenir avenir plein de déception. Le mecha se rattrapera en 2021 j'y crois !

Heureusement, je n'ai pas eu que des titres fades à chroniquer quand même, cet été je suis monté dans le train Fire Force S2 et j'ai pu voir que david production savent se sortir les doigts ! C'est beau, ambitieux, animation de dingue et ce final de saison m'a rendu fou. Mais le véritable événement marquant de cet automne c'est le grand retour de Higurashi et bon sang que ça fait plaisir de voir une adaptation qui a de l'ambition narrative. Tous les fans de la saga se font des nœuds au cerveau afin de comprendre l'ensemble et c'est une effervescence vraiment jouissive. Mais bon ça manque de sakuga pour vraiment m'embarquer, même s'il y a des moments d'écriture et de dialogues qui ont de quoi faire frissonner.

Bref, sans plus attendre, voici mon classement de l'année :

Top 5

(parmi toutes les séries de l'année disponibles en France)
  • Akudama Drive
    Il vient tout juste de finir, c'est une fin attendue et en même temps cette série à deux doigts de l'edgy avait vraiment de la gueule, entre son esthétique néon en ville dystopique et ses références appuyées au cinéma il y avait de quoi se faire plaisir. C'est pourtant bien plus intelligent qu'au premier abord. Chapeau au réal du dernier film Digimon, toi j't'ai à l'oeil !
  • ID: INVADED
    Une autre production originale un peu oubliée du début d'année, thriller polar à l'univers à mi-chemin entre Minority Report et Psycho-Pass, histoire aussi morcelée que son héros dans l'épisode 1, une sacré surprise si je ne m'y attendais pas déjà rien qu'en voyant Aoki à la réal et Maijô à l'écriture.
  • Deca-Dence
    Ou comment Tachikawa se sort les doigts dans une prod originale dont le premier épisode n'a rien à voir avec le second qui change le paradigme de toute la série. Un anime ambitieux, aussi contestataire que porteur d'espoir. Et ce sakuga pfiou. On en redemande.
  • Keep Your Hands Off Eizouken!
    Yuasa qui adapte à sa sauce un manga cool et en fait une œuvre personnelle où il livre autant sa vision de l'animation que des informations sur son parcours. Une série majeure avec hélas quelques défauts de rythme. Mais j'en reprendrai une saison 2 du même acabit quand il veut.
  • Kaguya-sama: Love is War saison 2
    Encore plus fou que la première, avec une finesse d'écriture insoupçonnée, une réalisation qui colle parfaitement, un jeu d'acteur qui sublime le tout et un humour qui décape et parfois dénonce. Brillant. Une grosse claque.

Flop 5

(parmi toutes les séries de l'année disponibles en France)
  • BNA
    Ce n'est pas un mauvais anime en soi, mais il aurait pu être tellement meilleur que finalement il est juste sympa sans plus alors que l'attente était grande. Très déçu de Nakashima sur ce coup, j'espère qu'il ne refera pas la même sur Back Arrow.
  • Japan Sinks
    Oubliable, terne, Yuasa mais pas vraiment lui, pour une réécriture d'un classique qui tombe plus à plat que son remake filmique de 2006, c'est dire. Il s'est perdu sur le chemin de la violence gratuite ? Où est la finesse ? C'est quoi cet épisode final en diapositive ? Explique-moi, Yuasa !?
  • I'm Standing on a Million Lives
    Le manga est super, l'adaptation est ratée. J'ai toujours espoir qu'ils se rattrapent sur la saison 2 mais bon… En plus ils ne peuvent pas se planquer derrière l'excuse COVID car ils ont dit eux-mêmes que la production était terminée depuis un bail. Leur série isekai feel good avec les slimes sortie la même saison s'en tire bien mieux.
  • Listeners
    Ahlala, c'était tellement pas bien, pourtant il y avait tout pour que ça soit cool, mais MAPPA a vu trop gros, c'est mal écrit, super fade, prévisible et plein de ficelles déjà vues parfois tellement grosses que tu te demandes comment ça peut encore être fait en 2020. Le créateur devait être autant en roue libre que celui de la série ci-dessous.
  • Gibiate
    Catastrophe industrielle made in Yoshitaka Amano. De base ça sentait mauvais mais c'était pire que ce qu'on aurait pu imaginer. En plus d'être laid c'est fade. Du gâchis de talent j'espère que tous les seiyû ont eu leur chèque parce que le casting était dingue, le reste un bide comme rarement vu. Mais on n'a pas fini d'en voir, y a EX-ARM l'an prochain !

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